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Spartacus (film, 1960)

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Spartacus
Description de cette image, également commentée ci-après
Affiche du film
Réalisation Stanley Kubrick
Scénario Howard Fast
Dalton Trumbo
Acteurs principaux Kirk Douglas
Laurence Olivier
Peter Ustinov
John Gavin
Jean Simmons
Charles Laughton
Tony Curtis
Sociétés de production Bryna Productions
Universal Pictures Company, Inc.
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Biopic, aventure, drame, péplum
Durée 184 minutes
188 minutes (version restaurée)
Sortie 1960

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Spartacus est un film américain de Stanley Kubrick, sorti en 1960, adapté du roman homonyme de Howard Fast publié en 1951.

Inspiré par l'histoire de la vie de Spartacus, le chef d'une révolte d'esclaves dans l'Antiquité, et des événements de la troisième guerre servile, le film met en scène dans les rôles principaux les acteurs Kirk Douglas en tant que Spartacus et Laurence Olivier en tant que général romain et homme politique Marcus Licinius Crassus. La distribution principale est complétée par les acteurs Peter Ustinov, lauréat d'un Oscar du meilleur second rôle masculin qui incarne le marchand d'esclaves Lentulus Batiatus, de John Gavin en tant que Jules César, de Jean Simmons en tant que Varinia, de Charles Laughton en tant que Sempronius Gracchus et de Tony Curtis en tant qu'Antoninus.

En 2017, le film est choisi pour être conservé par le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour son « importance culturelle, historique et esthétique ».

En 73 av. J.-C., Spartacus (Kirk Douglas) est un esclave thrace que l'on fait travailler dans les mines de Lydie. Pour s'être attaqué à deux gardes romains, il est laissé à mourir au soleil, enchaîné. Il est remarqué par Lentulus Batiatus (Peter Ustinov), un laniste romain (directeur d'un ludus gladiatorius, une école de gladiateurs). Il vient faire son marché parmi les forçats pour son école située à Capoue. Malgré les supplices qu'il a déjà subis, Spartacus a toujours de la force et de la vigueur. Cela plaît à Batiatus, le voyant comme un bon élément pour son ludus.

Rapatrié avec d'autres esclaves dans cette école, Spartacus est pris en charge par l'entraîneur Marcellus (Charles McGraw), lui-même ancien gladiateur et devenu libertinus (un affranchi, pas encore citoyen libre, mais possédant bien plus de liberté qu'un esclave). Marcellus est intransigeant sur la discipline. Il remarque de suite le feu qui couve dans le comportement du Thrace, cherche à l'humilier pour calmer ses ardeurs.

Les difficultés liées au métier de gladiateur sont multiples, le danger est inhérent pour tout un chacun. Il s'agira en combat réel de tuer ou d'être tué. En attendant, les entrainements sont vigoureux, les combats acharnés, les hommes en sont réduits toute la journée à un instinct animal presque primaire. Spartacus fait connaissance avec les autres esclaves, dont Crixus (John Ireland) et un grand homme Noir qui refuse de lui donner son identité (Woody Strode). Il est aussi intrigué par Varinia (Jean Simmons), une esclave qui sert dans la cuisine. Il ne veut pas la toucher. Spartacus n'a jamais été l'amant d'une femme, voyant dans l'acte sexuel un instinct animal qu'il déteste et refuse absolument d'assouvir. Marcellus a envoyé Varinia en récompense pour observer la réaction de Spartacus. Les deux esclaves subissent après cela de nombreuses humiliations.

Quatre citoyens romains viennent un jour se présenter à l'entrée de la domus (maisonnée de campagne) de Batiatus. Crassus (Laurence Olivier), un aristocrate romain immensément riche, membre du Sénat est avec son épouse (Joanna Barnes). Le deuxième couple est constitué de Marcus Glabrus (John Dall), le beau-frère de Crassus, et sa toute jeune épouse (Nina Foch). Les deux couples s'entendent bien et sont habitués à se faire obéir sur le champ. Batiatus perçoit l'honneur de leur venue et se complaît en flatteries pour ses augustes visiteurs. Une demande extravagante va contrevenir au bon fonctionnement de l'école. C'est que Crassus est catégorique : il réclame à Batiatus de faire combattre deux paires de gladiateurs jusqu'à la mort (action qui ne se fait pourtant que dans une arène, normalement, et selon tout un protocole préalable). Pour que ces combats se fassent ici et maintenant, le Sénateur accepte de donner la somme astronomique de deux mille sesterces. C'est ce que Batiatus lui a présenté comme « la valeur de leur perte », espérant ainsi obtenir que les duels à mort ne se fassent pas. Pour autant le laniste ne peut que laisser faire les dames qui prennent les devants et elles choisissent les gladiateurs selon leurs carrures physiques, leur musculature, leur vigueur. Crixus est choisi contre Galino. Spartacus est sélectionné pour se battre dans l'arène contre l'homme Noir dont on va apprendre le prénom à ce moment-là : Draba.

Crixus gagne vite le premier combat. Spartacus et Draba livrent quant à eux un combat acharné, intense. Spartacus est vaincu, acculé sans armes contre un rebord mais Draba a une force de caractère impétueuse. Il refuse de tuer son vis-à-vis et lance par défi son trident vers la loge des spectateurs ébahis. l'Éthiopien s'élance ensuite pour monter sur l'estrade mais il est blessé dans le dos par une lance. Crassus le tue ensuite d'un coup de dague porté à la gorge. Spartacus est écœuré par la mort de Draba et l'humiliation que son corps subit ensuite car l'Éthiopien est laissé pendu par les pieds à une corde, tête en bas, « jusqu'à pourrir », pour que tous les esclaves du ludus puissent méditer sur sa fin.

Le lendemain, Marcellus va révéler à Spartacus que Varinia a été achetée par Crassus. Le Thrace s'en prend alors à l'entraîneur, ce qui entraîne spontanément la révolte de tous les autres gladiateurs, tous échaudés par les circonstances des combats de la veille. Marcellus est noyé par Spartacus dans la marmite de nourriture. Batiatus, voyant le début de la rébellion, se sauve en charette en emmenant Varinia avec lui. Les révoltés submergent leurs gardes et s'éparpillent dans la campagne.

Au Sénat de Rome, le plébéien Sempronius Gracchus (Charles Laughton), adversaire déclaré de Crassus, fait voter une motion donnant à Marcus Glabrus, chef de la garnison de Rome et protégé de Crassus, le commandement d'une armée chargée de mater la révolte des esclaves qui se sont réfugiés sur les flancs du Vésuve. En attendant, César (John Gavin), allié de Gracchus, prend le commandement de la garnison de la ville. Crassus, de retour de chasse, choisit un nouvel esclave, Antoninus (Tony Curtis), jeune lettré et poète, comme divertissement. Crassus, bisexuel, ne tarde pas à s'éprendre de sa beauté et de ses capacités de divertissements et à lui faire des avances, par allusions.

Spartacus devient le chef des révoltés. Ils projettent de libérer les esclaves romains. De nombreux pillages de domaines ruraux sont signalés. Les révoltés prennent soin de s'en prendre aux citoyens romains, qu'ils capturent, rançonnent, frappent, humilient. De nombreux esclaves rejoignent le groupe et aussi des familles entières de tous âges. Cela rend leur nombre presque aussi important qu'une armée. Varinia est retrouvée, s'étant échappée du char de Batiatius en courant, ce dernier ne parvenant pas à la rattraper par en raison de son embonpoint prononcé. Elle retrouve Spartacus. Tous deux s'avouent un amour intense, irradiant et sincère. Ils deviennent amants la nuit de leurs retrouvailles.

Tous les révoltés se sont repliés sur le Mont Vésuve. Parmi eux se trouve Antoninus, qui a fui la domus de Crassus pour échapper ainsi au destin d'esclave sexuel promis par son maître bisexuel. La communauté est organisée de façon forte et autonome, apprenant l'art du combat, de la gestion de nourriture, des soins à apporter au groupe. Varinia est désormais la compagne officielle de Spartacus aux yeux de tous. L'objectif du Thrace est de faire traverser l'Italie à ses hommes, jusqu'à la mer, où il paiera les pirates ciliciens pour les faire embarquer sur leurs bateaux et les transporter le plus loin possible de Rome. Prenant contact avec le chef pirate, Spartacus apprend de lui, par son émissaire Tigranus (Herbert Lom), que le prix de la traversée est de plusieurs milliers de sesterces. Il convient de lui donner cette somme grâce à des rançons de citoyens romains et des pillages. Cela prendra donc du temps.

Les révoltés taillent en pièces l'armée de Glabrus. Ce dernier n'a même pas fait creuser de fossés ni ériger de palissades pour se protéger d'une attaque extérieure (ce qui contredit complètement aux obligations alors en vigueur pour un camp romain). Son retour au Sénat se passe mal. Il en est exclu avec Crassus. L'eau, la nourriture, l'abri et le feu leur sont refusés sur des dizaines de kilomètres à la ronde, ce qui équivaut à une mesure d'exil formel.

Spartacus et son armée de révoltés prennent alors la direction de la côte Est afin d'embarquer sur la flotte du pirate cilicien à Brundisium. Varinia lui apprend qu'elle est enceinte de lui.

Le Sénat romain s'inquiète de plus en plus à mesure que les révoltés parviennent à tenir tête aux armées envoyées contre eux. Gracchus va alors révéler à César avoir soudoyé les pirates ciliciens pour que ces derniers aillent transporter les révoltés de l'autre côté de la Méditerrannée. Cela ne plaît guère à César qui voit dans cette manœuvre une action contre Rome. Il se rallie alors à Crassus qui a l'idée inverse, celle d'empêcher les révoltés de pouvoir s'enfuir d'Italie, de ne pas pouvoir s'exiler.

Lorsque Spartacus parvient à la côte pour appareiller comme convenu, Tigranus lui apprend qu'il ne pourra pas embarquer, car Crassus vient de payer la flotte cilicienne pour qu'elle prenne le large. Il offre seulement d'embarquer Spartacus, Varinia et quelques-uns de ses officiers sur son bateau personnel. Spartacus refuse et le fait jeter dehors du camp. Il s'apprête alors à affronter les armées romaines. À Rome, Crassus a promis d'écraser la rébellion à condition qu'il soit nommé dictateur, et le Sénat a accepté malgré les protestations de Gracchus. Les esclaves voient bientôt la menace se préciser. L'armée de Crassus arrive de Rome et elle est épaulée par celle de Pompée qui vient de Calabre puis de celle de Lucullus qui a accosté à Brundisium.

L'armée esclave subit une défaite complète et Crixus est tué dans la bataille. Spartacus et Antoninus sont faits prisonniers parmi tout un tas d'autres révoltés. Sur le champ de bataille, Crassus trouve Varinia, qui vient d'accoucher, et la fait ramener à Rome. Il la convoitait depuis qu'il l'avait entrevue dans la maison de Batiatus à Capoue. Crassus promet aux captifs qu'ils ne seront pas punis s'ils lui livrent Spartacus. Le chef des esclaves est voué à la mort par crucifiction pour sédition contre Rome. Il est entendu que les révoltés qui restent seront rendus à la condition de l'esclavage. À la grande surprise de Crassus et de Spartacus lui-même, tous déclarent : « Je suis Spartacus ! ». Le vainqueur les condamne à être crucifiés tout le long de la Voie Appienne jusqu'aux portes de Rome.

Crassus est incapable de comprendre comment et pourquoi Spartacus ait pu réussir à se faire aimer de ses hommes et de Varinia. Il ment à cette jeune femme, lui affirmant que son compagnon est déjà décédé. Il la comble de bijoux somptueux, l'a fait vêtir d'une toge splendide, croyant acheter ainsi un certain respect, mais elle n'a que faire de ces parures, de cette apparence. Il cherche à percer le mystère de la manière d'être aimé par elle mais n'y parvient pas. Frustré par les dires de Varinia qui perçoit qu'il a une peur profonde de Spartacus, il ordonne qu'Antoninus et ce dernier, enchaînés l'un à l'autre et qui sont les derniers hommes du groupe encore en vie, se battent à mort derrière les murailles de Rome. Les deux survivants de la grande révolte éprouvent l'un pour l'autre un profond respect filial et paternel, chacun cherche à protéger l'autre. Spartacus, profondément ému, s'excuse avec profusion de viser le cœur de son ami pour lui permettre une mort rapide et sans les souffrances de la crucifixion.

Batiatus ruiné par la révolte de ses gladiateurs veut prendre sa revanche sur Crassus qu'il accuse d'être la cause de son malheur. Il retourne à Rome et s'allie à Gracchus, maintenant disgracié. Celui-ci lui donne de l'argent pour enlever Varinia et l'emmener en Gaule où elle trouvera la liberté. Après leur départ, Gracchus se suicide voyant l'arrivée de César aux commandes de Rome comme un déshonneur suprême.

Le lendemain matin, Batiatus et Varinia sortent de la ville en empruntant la voie Appienne et aperçoivent Spartacus sur sa croix. Il est agonisant. Varinia en larmes lui montre son fils en lui déclarant qu'il sera un citoyen libre. Elle implore son compagnon de mourir vite avant de s'éloigner dans le chariot avec son ancien maître.

Fiche technique

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Autre affiche du film lors de sa sortie en salle, illustrée par Reynold Brown.
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Stanley Kubrick et Tony Curtis lors du tournage du film.
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Affiche publicitaire du film avec les acteurs principaux.

Distribution

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Acteurs non crédités (par ordre alphabétique)

Pré-production

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L'acteur et producteur Kirk Douglas, intéressé par le roman de Fast, décida de le produire et demanda à Dalton Trumbo de l'adapter. Douglas protégea courageusement Trumbo, qui avait été emprisonné puis soumis à une interdiction de travailler dans le cinéma en raison de son adhésion pendant 5 ans au parti communiste[2], et qui dut commencer à travailler sur le film sous le pseudonyme de « Sam Jackson ». À la fin de la production du film, la Liste noire de Hollywood n'avait plus cours et Trumbo a pu être dûment crédité[3].

Le romancier Howard Fast et le scénariste Dalton Trumbo avaient été condamnés par la commission des activités anti-américaines. Victimes du maccarthysme, ils mirent dans leur narration tous leurs élans de liberté humaine. Le scénario du film comporte de nombreuses allusions par anticipation à l'histoire américaine et aux débats politiques de son époque : pour certains, Spartacus est un pré-chrétien, pour d'autres un pré-communiste, etc.[réf. souhaitée]

David Lean fut d'abord contacté pour réaliser le film, mais il refusa ; on demanda alors à Laurence Olivier de le faire, mais il refusa lui aussi, arguant du fait que le double rôle d'acteur et de réalisateur serait trop prenant[4]. Anthony Mann prit alors la direction du film, mais fut licencié par Kirk Douglas après seulement deux semaines de tournage (les scènes des carrières de pierre), Douglas le jugeant trop docile face aux acteurs du film[5]. Douglas engagea ensuite Stanley Kubrick, qui commença à tourner en février 1959[6].

Avec treize millions de dollars, le film était le second plus cher film de l'époque après Ben-Hur, qui en a coûté seize.[réf. souhaitée]

Attribution des rôles

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Armure romaine et tunique portées par Marcus Licinius Crassus (Laurence Olivier) dans le film.

Le rôle de Varinia fut d'abord proposé par Kirk Douglas à l'actrice italienne Elsa Martinelli qu'il avait rencontrée à Rome, ramenée à Hollywood et appréciée sur le tournage de La Rivière de nos amours. Mais, en dépit de son envie et de ses efforts, celle-ci ne put se dégager de contrats antérieurs et dut renoncer au film pour tourner à Cinecittà[7].

Kirk Douglas[8] : « Jeanne Moreau aurait pu jouer ce rôle. [...] Je l'avais vue dans le film Les Amants. Sans qu'elle eût à se forcer, il émanait d'elle une incroyable sensualité. Je me rendis à Paris. Chez Maxim's, alors que je dansais avec elle, je pris bien garde de la tenir à bout de bras. Elle était tellement sensuelle que je craignais le contact de son corps. [...] Jeanne jouait dans une pièce qui devait encore tenir l'affiche un mois. Je lui proposais de payer son dédit. Mais Jeanne, comme la United Artists, me répondit « non », catégoriquement. Je ne comprenais pas. Puis j'appris qu'elle vivait une histoire d'amour. C'est une qualité que j'ai rencontrée chez de nombreuses actrices françaises : elles tombent amoureuses, et leur amour prend le pas sur tout le reste. C'est une qualité que j'admire. »
Kirk Douglas mentionne encore, dans les pages 312 et 315 de ses mémoires[8], la poursuite de sa recherche d'une actrice européenne pour le rôle de Varinia : c'est la jeune Allemande Sabine Bethmann qui fut retenue pour un bout d'essai. Mais malgré des cours qui lui furent donnés pour perdre son accent et des leçons d'art dramatique, il s'avéra qu'elle ne faisait pas l'affaire. D'où la sélection finale de Jean Simmons qui avait postulé depuis le début pour le rôle.

Le film est l'un des rares (et le dernier) réalisé par Stanley Kubrick dont il n'est pas scénariste[9]. Il a d'ailleurs admis que cela l'a gêné :

« Ensuite, j'ai fait Spartacus, le seul de mes films sur quoi je n'ai pas eu pleine autorité et j'ai le sentiment qu'il ne fut pas servi par cette circonstance. Tout vint en réalité du fait qu'il y avait des milliers de décisions à prendre ; or, quand vous ne les prenez pas vous-mêmes, quand vous n'êtes pas sur la même longueur d'onde que ceux qui les prennent, cela peut devenir une expérience très pénible ; et ce fut le cas. Bien sûr, je dirigeais les acteurs, composais les images et montais le film de telle sorte que je pus m'efforcer de faire de mon mieux, dans les limites des faiblesses de l'histoire[10]. »

 Stanley Kubrick (Interview accordée à Eye en août 1968).

Le film fut tourné en EspagneMadrid et dans la province de Guadalajara) et en Californie[11].

Le Love Theme de la bande originale du film est signée Alex North.

Il a donné lieu à de multiples reprises, certaines devenues des standards comme celles de Bill Evans, Yusef Lateef, Terry Callier, Carlos Santana (sur Swing of Delight), Ahmad Jamal, etc. Le thème a également été samplé en 1998 par le rappeur français Shurik'n dans le morceau Manifeste (en featuring avec Akhenaton), sur son album Où je vis.

Restauration

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En 1990, Universal démarra une restauration du film, qui fut faite par Robert A. Harris et James C. Katz. La nouvelle version incorpore des scènes coupées lors du précédent montage, y compris la scène des escargots et des huîtres, faisant une allusion imagée à la bisexualité du personnage de Crassus[12],[13]. Comme Laurence Olivier était décédé à cette époque, il fut demandé à Anthony Hopkins de dire le dialogue de Crassus. La version restaurée fut présentée le à New York au bénéfice de l'American Film Institute[6].

En 2015, le film a été restauré en version 4K à partir de celle réalisée en 1991[14]. Cette nouvelle version restaurée a été publiée en édition DVD Blu-Ray.

Récompenses et distinctions

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Récompenses

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Oscars 1961 :

Nominations

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Oscars 1961 :

Autour du film

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Scène de combat entre Spartacus et le géant éthiopien Draba.
  • Le film prend des libertés avec le Spartacus historique. Ce dernier n'était par exemple pas le chef de la révolte des esclaves, mais juste une de ses plus importantes figures. Il serait mort au combat et non crucifié. Seuls Spartacus, Crixus, Lentulus, Crassus, Gracchus, Pompée et César ont eu une existence historique, les autres personnages sont fictifs.
  • Le film prend aussi des libertés avec les combats de gladiateurs : les équipements du thrace (Kirk Douglas) et du rétiaire (Woody Strode) sont incomplets. Kirk Douglas aurait dû avoir un casque (galea), un bouclier rectangulaire (parma) et des protège-tibias (ocreas) en plus de sa dague courbe (sica)[15]. Ni le pouce vers le haut, ni le pouce vers le bas, n'ont jamais existé dans l'Antiquité[16]. La phrase « Ave Caesar morituri te salutant » n'a jamais été prononcée lors d'un combat de gladiateurs[16]. Il manque un arbitre dans l'arène.
  • John Gavin, qui joue le rôle de César, s'est surtout fait connaître par celui de l'amant de Marion Crane dans le film Psychose d'Alfred Hitchcock. Par la suite, il quitta le monde du cinéma et devint ambassadeur américain au Mexique.
  • Spartacus comporte de nombreuses scènes choquantes pour leur temps : visions de charniers, scènes sanglantes. Certaines de ces scènes n'apparaissent que dans la version restaurée en 1991.
  • Riccardo Freda avait déjà réalisé en 1953 un film sur le même sujet, mais de notables différences de scénario existent entre les deux films. Par exemple, Kubrick fait une impasse totale sur le passé de décurion de Spartacus et Ricardo Freda fait mourir le héros sur le champ de bataille et non crucifié sur la Via Appia. Freda donne aussi une part très importante aux relations sentimentales romancées et totalement improbables de Spartacus avec Sabine, la fille de Crassus. Cependant, dans les deux adaptations, « l'homosexualité, très présente dans le roman d'Howard Fast, est gommée de cette parabole antique et virile sur la lutte de classes, à la sortie, la seule scène équivoque (dans le film de Kubrick) fut censurée »[17].

« Je suis Spartacus ! »

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Cette réplique culte est prononcée dans l'une des dernières scènes du film, après la défaite de l'armée des esclaves : Crassus promet la vie sauve aux esclaves capturés si Spartacus se désigne, ce dernier étant promis à la crucifixion. Alors que Spartacus se lève lentement pour sauver ses camarades, tous les autres se lèvent un à un en criant « Je suis Spartacus ».
Cette phrase fut utilisée en dehors du film :

Anachronismes

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  • À leur entrée dans la cité de Métaponte, les habitations au milieu desquelles défilent les troupes de Spartacus sont d'une architecture plus récente.
  • Près de Brindisi, des révoltés esquissent des pas de danse qui, comme la musique les accompagnant, sont de facture médiévale. Dans les scènes à cheval, les cavaliers ont des étriers, accessoire inconnu à l'époque romaine.
  • À plusieurs reprises, Spartacus envisage d'éventuels mouvements militaires en se servant d'une carte de la botte italienne ; sur cette dernière (où les côtes sardes et corses sont fort précisément dessinées) les noms de localités intéressant l'intrigue sont portés en caractères latins contemporains. De plus, ces cartes sont bien plus précises que les cartes d'époque.
  • Alors que la majorité des « spartacistes » dorment sur une plage, des chandelles modernes éclairent certains membres de l'état-major de la révolte consultant à nouveau un plan.
  • Dans la séquence où l'émeute des gladiateurs se produit chez Batiatus, l'alerte est donnée par des sifflets similaires aux sifflets modernes de la police urbaine.
  • L'équipement des légionnaires présente des éléments de l'époque impériale, postérieure aux évènements du film.
  • Dans le film, la plupart des acteurs et des actrices ont des coiffures à la mode à la fin des années 1950, ce que de nombreux historiens n'ont pas manqué de signaler comme un grand anachronisme. Lors de certaines scènes du film, Kirk Douglas aurait même du gel dans les cheveux.
  • Le terme clown employé par Crassus : « Pas question de passer pour des clowns » n'est apparu qu'à la fin du XVIe siècle. Le terme d'histrion aurait été compatible avec l'époque romaine mais n'aurait peut-être pas été compris par les spectateurs.
  • Crassus n'est devenu consul qu'après la fin de la révolte des esclaves.
  • César n'a exercé de commandement militaire que plus tard, étant trop jeune à cette époque.
  • Les frères Gracques sont assassinés des décennies avant les éléments relatés.
  • Lucullus et son armée n'ont pas combattu Spartacus, étant restés en Orient.
  • Pompée et son armée n'ont pas débarqué dans le sud de l'Italie, mais ont éliminé les débris de l’armée des esclaves dans le nord, en revenant d'Ibérie par la terre, à travers la Gaule transalpine.
  • Il n'y avait pas encore de garnison à Rome à cette époque.
  • Pour certains historiens de l'Antiquité, dont Tacite, Spartacus serait mort au combat, et identifié formellement quelques heures après sa mort. De même, Spartacus ne voulait en aucun cas être repris vivant par les envoyés de Rome, sachant le sort qui l'attendait. La fin du film montrant Spartacus mourant crucifié pourrait donc être un anachronisme.
  • Il n'y a pas eu d'histoire d'amour entre Spartacus et Varinia, cette dernière n'ayant pas existé.

Notes et références

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  1. Le Gracchus historique est en réalité mort 48 ans avant la révolte de Spartacus.
  2. (en) Dalton Trumbo : Biography - IMDb
  3. « Pour produire "Spartacus", Kirk Douglas a transgressé la "liste noire" d'Hollywood », sur Le Huffington Post,
  4. Selon Hollywood Reporter, 6 octobre 1958, cité sur le site de l'AFI.
  5. Selon l'autobiographie de Kirk Douglas, citée dans le fiche de l'AFI.
  6. 1 2 Selon une note sur la fiche de l'AFI (cf. lien externe).
  7. Déclaration d'Elsa Martinelli, confirmée par Kirk Douglas, lors de l'interview au journaliste Henry-Jean Servat, in Secrets de tournages, Le Pré aux Clercs, 2001.
  8. 1 2 Extrait de ses mémoires Le Fils du chiffonnier (titre original, The Ragman's Son, 1988), pages 312-315 de l'édition française 1989 des Presses de la Renaissance (ISBN 2-85616-489-7).
  9. « Stanley Kubrick », sur IMDb (consulté le )
  10. « Un monde autour de Stanley Kubrick », kubrick.fr (consulté le 2 mai 2019).
  11. « Spartacus (1960) - IMDb » (consulté le )
  12. (en) Maria San Filippo, The B word : Bisexuality in Contemporary Film and Television, Indiana University Press, , 294 p. (ISBN 978-0253008794), p. 15
  13. Selon l'AFI, la National Catholic Legion of Decency demanda que cinq minutes soient coupées, dont certaines scènes de bataille, et ce qui est appelé par certaines sources la « scène des escargots et des huîtres  ». Dans cette scène, Crassus est dans son bain et questionne Antoninus en parlant de ses propres préférences, parfois pour des escargots, parfois pour des huîtres, sous-entendant des orientations sexuelles.
  14. (en) « From Universal Pictures Home Entertainment: SPARTACUS: RESTORED EDITION », (consulté le ).
  15. « Les jeux à rome - les combats de gladiateurs », sur rozsavolgyi.free.fr (consulté le ).
  16. 1 2 « class.ulg.ac.be/ressources/dos… »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?).
  17. Critique de Cécile Mury dans Télérama, no 3160/61 du 7 août 2010.
  18. Lolita, Stanley Kubrick, 1962 : minutage 00:03:39.
  19. « I Am Spartacus de Kirk Douglas », sur Le Salon Littéraire,
  20. La vie de Brian, Monty Python, 1970 : minutage 01:23:30.
  21. Malcolm X, Spike Lee, 1992 : minutage 03:11:19.
  22. « Intro+In the Flesh - YouTube », sur www.youtube.com (consulté le )

Bibliographie

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  • Natalie Zemon Davis, « Un débat en coulisses: Trumbo, Kubrick et la dimension historique de Spartacus, 1960 », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 161-162, no 1, , p. 80-95 (ISSN 0335-5322, DOI 10.3917/arss.161.0080, lire en ligne)
  • (en) Bülent Diken, « The ghost of Spartacus », Journal of War & Culture Studies, vol. 4, no 3, , p. 399–411 (ISSN 1752-6272, DOI 10.1386/jwcs.4.3.399_1)

Articles connexes

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Liens externes

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