Bataille de Fort Ligonier
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Loyalhanna, Pennsylvanie |
| Issue | Victoire britannique |
| Charles Philippe Aubry[1]. | James Burd |
| 400 marines et miliciens 100 indigènes |
1 500 soldats et miliciens |
| Inconnues | 12 morts 55 blessés |
Batailles
- Minorque (navale) (1756)
- Pirna (1756)
- Lobositz (1756)
- Reichenberg (1757)
- Prague (1757)
- Kolin (1757)
- Hastenbeck (1757)
- Gross-Jägersdorf (1757)
- Moys (1757)
- Rochefort (1757)
- Rossbach (1757)
- Breslau (1757)
- Leuthen (1757)
- Carthagène (navale) (1758)
- Olomouc (1758)
- Saint-Malo (1758)
- Rheinberg (1758)
- Krefeld (1758)
- Domstadl (1758)
- Cherbourg (1758)
- Zorndorf (1758)
- Saint-Cast (1758)
- Tornow (1758)
- Lutzelberg (1758)
- Hochkirch (1758)
- Bergen (1759)
- Kay (1759)
- Minden (1759)
- Kunersdorf (1759)
- Neuwarp (navale) (1759)
- Hoyerswerda (1759)
- Baie de Quiberon (navale) (1759)
- Maxen (1759)
- Meissen (1759)
- Glatz (1760)
- Landshut (1760)
- Corbach (1760)
- Emsdorf (1760)
- Dresde (1760)
- Warburg (1760)
- Liegnitz (1760)
- Rhadern (1760)
- Berlin (1760)
- Kloster Kampen (1760)
- Torgau (1760)
- Belle-Île (1761)
- Langensalza (1761)
- Cassel (1761)
- Grünberg (1761)
- Villinghausen (1761)
- Ölper (1761)
- Kolberg (1761)
- Wilhelmsthal (1762)
- Burkersdorf (1762)
- Lutterberg (1762)
- Reichenbach (1762)
- Almeida (1762)
- Valencia de Alcántara (1762)
- Nauheim (1762)
- Vila Velha de Ródão (1762)
- Cassel (1762)
- Freiberg (1762)
- Jumonville Glen (1754)
- Fort Necessity (1754)
- Fort Beauséjour (1755)
- 8 juin 1755
- Monongahela (1755)
- Petitcoudiac (1755)
- Lac George (1755)
- Fort Bull (1756)
- Fort Oswego (1756)
- Kittanning (1756)
- En raquettes (1757)
- Pointe du Jour du Sabbat (1757)
- Fort William Henry (1757)
- German Flatts (1757)
- Lac Saint-Sacrement (1758)
- Louisbourg (1758)
- Le Cran (1758)
- Fort Carillon (1758)
- Fort Frontenac (1758)
- Fort Duquesne (1758)
- Fort Ligonier (1758)
- Québec (1759)
- Fort Niagara (1759)
- Beauport (1759)
- Plaines d'Abraham (1759)
- Sainte-Foy (1760)
- Neuville (1760)
- Ristigouche (navale) (1760)
- Mille-Îles (1760)
- Signal Hill (1762)
| Coordonnées | 40° 14′ 27″ nord, 79° 14′ 16″ ouest | |
|---|---|---|
La bataille de Fort Ligonier est une bataille de la guerre de la Conquête s'étant déroulée à Ligonier, dans l'actuelle Pennsylvanie. Le , les forces françaises et amérindiennes, commandées depuis le Fort Duquesne situé à proximité, attaquent l'avant-poste britannique du Fort Ligonier, alors encore en construction. L'attaque est dirigée par Charles Philippe Aubry, capitaine des troupes coloniales en Louisiane française et se termine par une victoire britannique.
Contexte
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Après l'échec britannique à s'emparer du fort français de Duquesne lors de l'expédition Braddock au début de la guerre de la Conquête, les Britanniques lancent en 1758 une seconde expédition sous le commandement de John Forbes afin de capturer ce fort, depuis lequel les Français et leurs alliés autochtones organisent des raids contre les colonies britanniques de la frontière. L'expédition progresse méthodiquement en construisant une route à travers les monts Allegheny. Au début du mois de septembre, elle atteint un emplacement sûr connu sous le nom de Loyal Hannon, près de l'actuelle municipalité de Loyalhanna en Pennsylvanie. L'avant-garde de Forbes, composée d'environ 1 500 hommes sous le commandement d'Henri Bouquet, entreprend alors la construction du Fort Ligonier afin d'y établir des quartiers d'hiver. Les travaux sont régulièrement perturbés par des attaques de harcèlement menées par des détachements français et autochtones envoyés depuis le Fort Duquesne[2].
Pour répondre à ces incursions, Bouquet autorise James Grant à conduire une reconnaissance en force avec 750 hommes. Cherchant apparemment la gloire d'une victoire rapide, Grant tente de s'emparer du Fort Duquesne le . Il sous-estime cependant gravement l'importance des forces françaises commandées par François-Marie Le Marchand de Lignery. L'opération se solde par la capture de Grant et par la perte de près de la moitié de ses hommes, tués ou blessés. De son côté, Lignery souffre d'un manque croissant de ravitaillement. Sa ligne d'approvisionnement a été coupée par les Britanniques à la suite de la prise du Fort Frontenac. Il décide alors de lancer une attaque contre les positions britanniques dans l'espoir de ralentir leur progression et de s'emparer d'une partie de leurs provisions[3]. Pour cette opération, Lignery mobilise pratiquement toute la garnison du fort Duquesne : 440 troupes de la Marine et 150 combattants lenapes commandés par Keekyuscung (en)[4]. L'ensemble de la force est placé sous le commandement de Charles Philippe Aubry[5].
Bataille
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Le commandement de Fort Ligonier était alors temporairement assuré par le colonel James Burd (en) de la milice de Pennsylvanie, que Henri Bouquet avait laissé à la tête de la garnison pendant qu'il inspectait un autre poste situé sur la route de l'armée[6]. À l'extérieur du fort, Burd avait déployé plusieurs détachements chargés de protéger les réserves ainsi que les animaux de l'expédition qui paissaient à environ 2,4 kilomètres des fortifications. Ces gardes, largement dispersés, subirent l'essentiel de l'attaque franco-autochtone. Lorsque les bruits de la fusillade parvinrent au fort, le colonel Burd envoya le bataillon du Maryland, composé d'environ 200 miliciens, en direction des combats. Face à la supériorité numérique des assaillants, cette force fut rapidement repoussée vers le fort. À ce moment-là, l'ensemble de la garnison, forte d'environ 2 000 hommes, avait pris les armes. Burd dépêcha ensuite le 1er bataillon de Pennsylvanie pour soutenir les troupes du Maryland, mais les deux unités durent finalement se replier derrière les fortifications à mesure que les Français et leurs alliés autochtones progressaient[7]. Trois compagnies de provinciaux de Caroline du Nord, commandées par le major Hugh Waddell, participaient également à la défense.
Repoussés par l'artillerie britannique, les Français et les Autochtones se retirèrent temporairement et attendirent la tombée de la nuit pour reprendre leur offensive. Ils ne semblèrent toutefois faire aucune tentative sérieuse pour couper la route menant au fort ; Burd signala même l'arrivée de renforts britanniques au cours de l'après-midi. Vers 21 heures, une attaque fut lancée contre l'une des redoutes du fort, mais elle fut repoussée grâce à l'intervention de l'artillerie. Les assaillants restèrent néanmoins à proximité des défenses pendant toute la nuit, tirant sur les sentinelles, testant les points faibles des fortifications et capturant ou tuant environ 200 chevaux avant de se retirer vers le fort Duquesne[8].
James Smith rapporta plus tard les propos tenus par les guerriers alliés aux Français au sujet de la bataille[9] :
« Ils rencontrèrent l'armée de Forbes près du fort Ligonier et l'attaquèrent, mais leur projet échoua. Ils disaient que les hommes de Forbes commençaient à apprendre l'art de la guerre et qu'il y avait de nombreux tireurs d'élite américains aux côtés des soldats britanniques. Ceux-ci se dispersaient, se mettaient à couvert derrière les arbres et tiraient avec précision ; ainsi, ils ne purent atteindre leur objectif et furent contraints de battre en retraite. »
Smith ajouta également[9] :
« Les Autochtones disaient que s'ils n'avaient eu affaire qu'aux soldats britanniques en uniforme rouge, ils les auraient rapidement vaincus. Mais ils ne pouvaient résister à Ashalecoa, ou le Grand Couteau, qui était le nom qu'ils donnaient aux Virginiens. »
Après-coup
[modifier | modifier le code]À l'issue de l'affrontement, les pertes furent relativement légères du côté des assaillants. Le supérieur d'Aubry, le général Montcalm, fit état de deux morts et sept blessés dans les rangs français. Toutefois, le colonel Burd rapporta également avoir fait enterrer quatre soldats français sur le champ de bataille[10]. Les pertes britanniques furent plus importantes. Les Français affirmèrent avoir pris cent scalps et capturé sept prisonniers[10], tandis que les rapports britanniques recensent douze morts, dix-huit blessés et trente-et-un disparus[11]. Trois soldats des provinciaux de Caroline du Nord figurèrent parmi les tués. Le colonel Bouquet se montra particulièrement critique à l'égard de la conduite de ses hommes durant l'engagement. Dans une lettre adressée à Forbes, il écrivit que cette attaque, qui aurait dû coûter cher à l'ennemi, démontrait au contraire le peu de considération que celui-ci avait pour les forces britanniques, ajoutant que le comportement de ses troupes dans les combats en forêt ne faisait que renforcer cette impression[11].
Malgré cette attaque, les Britanniques poursuivirent les travaux de Fort Ligonier. Après l'arrivée du général Forbes le , l'armée reprit son avance en force vers le fort Duquesne. Confronté à une situation devenue intenable, François-Marie Le Marchand de Lignery ordonna la destruction du fort le avant de retirer sa garnison vers d'autres postes français situés plus au nord et à l'ouest[12].
Fort Ligonier continua ensuite à jouer un rôle militaire pendant la Rébellion de Pontiac (1763-1766), avant d'être finalement abandonné. Le fort fut par la suite reconstruit et le site est aujourd'hui inscrit au Registre national des lieux historiques des États-Unis[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Fort Ligonier » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Tomahawk and Musket French and Indian Raids in the Ohio Valley 1758(Anglais) René Chartrand p.61
- 1 2 (en) « Fort Ligonier », sur American Battlefield Trust (consulté le )
- ↑ Fowler 2005, p. 161.
- ↑ (en) Proud’s History of Pennsylvania, Pennsylvania, (lire en ligne), chap. III (« Two Journals of Western Tours: One, to the Neighborhood of Fort Duquesne (July-September), the Other to the Ohio (October 1758 - January 1759) »), p. 251
- ↑ Cubbison 2010, p. 141.
- ↑ Cubbison 2010, p. 146.
- ↑ Cubbison 2010, p. 142.
- ↑ Cubbison 2010, p. 143.
- 1 2 (en) James University of Pittsburgh Library System, An account of the remarkable occurrences in the life and travels of Colonel James Smith (Late a citizen of Bourbon County, Kentucky) : during his captivity with the Indians, in the years 1755,'56, '57, '58, & '59, Lexington : John Bradford, (lire en ligne)
- 1 2 Cubbison 2010, p. 144.
- 1 2 O'Meara 1965, p. 206.
- ↑ Marie-Christine Bonzom, « Un mercenaire suisse au service de l’Angleterre », sur swissinfo.ch, (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Henri-Raymond Casgrain, Guerre du Canada. 1756-1760, t. 1, Editions L.-J. Demers et frère (Québec), (lire en ligne)
- Gaston Deschênes et Denis Vaugeois, Vivre la Conquête, tome 1, les éditions du Septentrion, Québec, 2013, 264 p. [présentation en ligne].
- Gaston Deschênes et Denis Vaugeois, Vivre la Conquête, tome 2, les éditions du Septentrion, Québec, 2014, 320 p. [présentation en ligne].
- Jonathan Dull, La Guerre de Sept Ans, Bécherel, coll. « Les Perséides »,
- Guy Frégault, La Guerre de la Conquête, Montréal, Fides, , 514 p. (ISBN 978-2-7621-2989-2)
- Laurent Veyssière (dir.) et Bertrand Fonck (dir.), La guerre de Sept Ans en Nouvelle-France, Québec, Septentrion (Canada) et PUPS (France), , 360 p. (ISBN 978-2-89448-703-7)
- [Fowler 2005] (en) William Fowler, Empires at war: The French and Indian War and the Struggle for North America 1754-1763, New York, Walker & Company, , 368 p. (ISBN 0-8027-1411-0, lire en ligne).

- [Cubbison 2010] (en) Douglas R. Cubbison, The British Defeat of the French in Pennsylvania, 1758: A Military History of the Forbes Campaign Against Fort Duquesne, Jefferson, NC, McFarland, , 251 p. (ISBN 978-0-7864-4739-8).

- [O'Meara 1965] (en) Walter O'Meara, Guns at the forks, Englewood Cliffs, NJ, Prentice Hall, , 275 p. (lire en ligne).

: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Siege The Day », sur FortLigonier.org (consulté le )
