Version 1.2, 23 avril 2002 (modifications mineures).
Version pr�c�dente ,
fichier diff avec la version pr�c�dente ,
1. Introduction
2. Support noyau et programmes requis
3. Cr�ation d'un syst�me de fichiers ext3
4. Passage entre ext2 et ext3
5. Utilisation avanc�e
6. Documentation
7. Remerciements
Les syst�mes de fichiers journalis�s sont en passe de se banaliser sous Linux de nos jours. Les plus connus actuellement sont: reiserfs qui est int�gr� au noyau depuis 2.4.1; jfs d�velopp� par IBM; xfs, syst�me de fichiers originaire de SGI, port� sous Linux par leurs soins; et enfin, ext3 dont nous allons d�crire rapidement l'utilisation ici.
L'avantage d'un syst�me de fichiers journalis� est de maintenir en permanence la coh�rence des m�tadonn�es [1]. Au reboot apr�s un crash du syst�me (probl�me mat�riel, bug du noyau etc), au lieu d'un long et p�nible fsck avec ext2, le syst�me va relire le journal, examiner les transactions non termin�es, et remettre un syst�me de fichiers sain en quelques secondes. En revanche, la journalisation offre peu de garantie quant au contenu des fichiers eux-m�me. Si vous �tiez en train de modifier un fichier au moment du crash, vous ne pouvez pas toujours r�cup�rer le fichier dans son �tat avant la modification (et encore moins la version modifi�e), tout au moins avec les syst�mes de fichiers comme reiserfs, jfs et xfs. Par contre, ext3 est plus s�r de ce c�t� (en mode par d�faut, data=ordered, voir section 5). Pour une description technique des syst�mes de fichiers journalis�s, nous renvoyons le lecteur aux documents cit�s dans la section 6.
Ext3 est �crit au d�part par Stephen Tweedie. La premi�re version 0.0.1 date de septembre 1999. Depuis, il en est � la version 0.0.7a pour le noyau 2.2.19. Il n'y a pas de d�veloppement futur pr�vu pour les noyaux 2.2 � part les corrections de bugs. En effet, gr�ce � une nouvelle �quipe de hackers, ext3 a �t� port� sous noyaux 2.4, et a suivi un d�veloppement rapide et intensif. Les efforts sont concentr�s sur cette branche � l'heure actuelle. Ext3 est consid�r� comme stable, et est int�gr� au noyau officiel � partir de la version 2.4.15 (novembre 2001). Il avait fait sa premi�re apparition dans les patchs d'Alan Cox (les s�ries -ac) � partir de 2.4.7-ac5, et est int�gr� dans 2.4.8-ac2 (ao�t 2001).
Compar� aux autres syst�mes de fichiers journalis�s, un des principaux int�r�ts d'ext3 est sa compatibilit� avec le bon vieux ext2 car grosso modo, ext3 = ext2 + journal. Cela veut dire en particulier que:
Vous pouvez consulter l'article de Michael K. Johnson et celui de Daniel Robbins qui d�crivent plus pr�cis�ment les avantages d'ext3. Nous reviendrons sur le r�glage des param�tres d'ext3 � la section 5.Vous pouvez convertir vos partitions ext2 actuelles directement en ext3 sans perte de donn�es. Cela est appr�ciable si vous ne voulez (ou ne pouvez) pas jongler avec la cr�ation de nouvelles partitions.
Si vous utilisez occasionnellement un noyau qui ne reconna�t pas ext3, il montera les partitions ext3 en ext2, et les donn�es sur la partition seront exactement les m�mes du point de vue de l'utilisateur. � cela un b�mol quand m�me. Il faut que la partition ext3 soit d�mont�e proprement et que /etc/fstab soit correctement renseign�. En cas de plantage, une partition ext3 ne peut �tre mont�e qu'avec un noyau supportant ext3 (ou apr�s un fsck.ext3 sur la partition).
Robustesse, disponibilit� et performance d'outils associ�s (les programmes con�us pour ext2 fonctionnent tels quels pour ext3, ou apr�s quelques modifications);
Il faut savoir que la journalisation a un certain co�t qui se r�percute sur la performance du syst�me de fichiers. En clair, ext3 est g�n�ralement un peu moins rapide qu'ext2 sur les op�rations intensives de cr�ation/suppresion de fichiers, m�me si dans une situation normale, il est �quivalent, voire th�oriquement sup�rieur � ext2. Il faut donc peser le pour et le contre en fonction des ses besoins. Compar� aux autres syst�mes de fichiers disponibles sous linux comme reiserfs, xfs, jfs, on peut dire ext3 s'en sort tr�s bien, sauf dans le cas extr�me de la manipulation simultan�e de centaines de milliers de tout petits fichers. Voir les benchmarks r�alis�s par la soci�t� namesys (d�tentrice de reiserfs). J'ai moi-m�me r�alis� quelques tests. J'insiste sur le fait qu'il faut prendre les benchmarks pour ce qu'ils sont, c'est-�-dire qu'ils ne repr�sentent pas ce qui se passe dans la vie r�elle.
Les distributions r�centes (Mandrake 8.1, RedHat 7.2, Suse 7.3) supportent ext3 "out of the box". Si ce n'est pas le cas de votre distribution, il faut s'assurer que le noyau supporte ext3, et que e2fsprogs et mount soient � jour.
Le noyau. Ext3 est officiellement inclus dans le noyau depuis 2.4.15. Auparavant, il existait dans la s�rie -ac d'Alan Cox depuis un certain temps, et aussi sous la forme de patchs pour les noyaux officiels. Vous pouvez d'abord v�rifier la pr�sence du support d'ext3 avec les commandes grep ext3 /proc/filesystems(attention au sens des quotes `). Si vous voyez "ext3" ou "ext3.o", alors votre noyau supporte ext3. Sinon, il va falloir le patcher et recompiler. Vous pouvez obtenir les patchs pour les noyaux 2.4 r�cents ici, et pour les 2.2 l�. La proc�dure de recompilation est standard � partir des sources officielles:
find /lib/modules/`uname -r` -name 'ext3.o*'cd /usr/src/linux/Pour les noyaux 2.2, il faut d'abord d�compresser ext3-0.0.*.tar.gz, ensuite patcher successivement linux-2.2.x.kdb.diff et linux-2.2.x.ext3.diff avec
gzip -dc /chemin/de/ext3-2.4-*-*.patch.gz | patch -p1patch -p1 < /chemin/de/linux-2.2.x.yyy.diffEnsuite, make menuconfig ou make xconfig. Dans la section "File systems", activer le support d'ext3 ("Ext3 journalling file system support" pour 2.4 et "Enable Second extended fs development code" pour 2.2). Il est plus simple de le compiler en dur (au lieu d'�tre en module), surtout si vous pr�voyez de mettre la partition / en ext3. Ensuite,make dep clean bzImagecopier le nouveau noyau
make modules
su -c 'make modules_install'cp arch/ARCH/boot/bzImage /boot/vmlinuz-ext3o� ARCH est i386, alpha, ... suivant la famille du processeur, ajouter une entr�e dans /etc/lilo.conf pour le nouveau noyau,image = /boot/vmlinuz-ext3et relancer /sbin/lilo. Si ext3 est en module, ne pas oublier mkinitrd. Pour plus de d�tail sur la compilation du noyau et la configuration de lilo.conf, consulter Kernel-Howto, Lilo-Howto, et taper man lilo.conf. Rebooter et c'est pr�t.
label = ext3fs
root = /dev/hda1 (mettez votre partition / ici)
read-only
e2fsprogs. C'est le package qui contient mke2fs, fsck, tune2fs etc. Tous ces outils sont destin�s aux syst�mes de fichiers ext2 et ext3 sans distinction. Il est recommand� d'installer la version 1.25 ou sup�rieure (entre autres pour que fsck reconnaisse le flag auto dans /etc/fstab). En tout �tat de cause, il faut au minimum la version 1.19 pour qu'il reconnaisse le format ext3. V�rifiez votre version en tapant fsck [liu]:~/$ fsckPour installer la version requise, visitez le site de votre distribution, ou r�cup�rez les sources et compilez-les vous-m�me. Dans le r�pertoire des sources (d�tar�es et d�compress�s), vous tapez
fsck 1.25 (20-Sep-2001)
No devices specified to be checked!mkdir build && cd buildPar d�faut, les programmes sont install�s dans /sbin. Il faut qu'ils soient dans le m�me r�pertoire que vos binaires d'origine. Attention, installer soi-m�me des programmes dans /sbin, /bin risque de mettre en p�ril la gestion des packages de votre syst�me. Il est pr�f�rable de mettre � jour avec les packages fournis par votre distribution. Si vous ne pouvez pas le faire, une sauvegarde des programmes d'origine est vivement recommand�e.
../configure
make
make check
su -c 'make install'
mount. Il est recommand� d'installer la version 2.11f ou sup�rieure. Ceci afin que mount reconnaisse automatiquement les partitions ext3. V�rifiez votre version avec mount -V [liu]:~/$ mount -VLe programme mount se trouve dans le package util-linux. Ce package contient des programmes vitaux du syst�me, et la configuration de ses options n'est pas d'un abord facile pour un d�butant. Mais en ce qui nous concerne ici, on peut se contenter dans le r�pertoire des sources d'un
mount: mount-2.11hmake lib mountAinsi on n'installe que mount et quelques autres programmes du r�pertoire mount/. Il est important de taper cd mount/ sous peine de casser votre syst�me en installant d'autres programmes. Si vous avez des doutes, ne touchez � rien. Apr�s tout, ce n'est pas bien g�nant de devoir taper mount -t ext3 /dev/toto /titi au lieu de mount /dev/toto /titi. Mais alors vous ne pouvez pas utiliser "auto" comme type de syst�me de fichiers dans /etc/fstab. Voir plus bas.
cd mount/
su -c 'make install'
La cr�ation d'un syst�me de fichiers ext3 est tr�s simple. Dans tout ce qui suit, nous prenons l'exemple d'une partition /dev/hda5 mont�e en /usr/local, et nous signalerons autant que possible les particularit�s concernant la partition /.
Vous pouvez contr�ler le r�sultat en tapantSur une partition neuve. Vous avez une partition flambant neuve, disons /dev/hda5, et vous souhaitez la formater en ext3. Rien de plus simple. Vous tapez (en tant que root): mke2fs -j /dev/hda5Sur une partition ext2 existante. Vous avez une partition, disons /dev/hda5, avec d�j� le syst�me de fichiers ext2 dessus. Vous pouvez la convertir en ext3 avec la commande tune2fs -j: Cette op�ration pr�serve vos donn�es existantes. De plus, elle ne n�cessite pas de d�monter la partition. Taper man mke2fs et man tune2fs pour plus de d�tails sur les options li�es au journal.[root]:~/# tune2fs -j /dev/hda5 tune2fs 1.25 (20-Sep-2001) Creating journal inode: done This filesystem will be automatically checked every 35 mounts or 180 days, whichever comes first. Use tune2fs -c or -i to override.
Le flag "has_journal" montre que vous avez ext3 sur la partition. Pour s'en servir sans plus tarder, il suffit maintenant de d�monter la partition (si elle est d�j� mont�e en ext2 et si ce n'est pas /) et de la remonter en ext3. Par exemple:[root]:~/# dumpe2fs -h /dev/hda5
dumpe2fs 1.25 (20-Sep-2001)
Filesystem volume name: < none >
...
Filesystem features: has_journal filetype ...
(l'option -t ext3 n'est pas utile si mount est � jour). Pour la partition /, il faut rebooter. On v�rifie que la partition est effectivement mont�e en ext3 parumount /dev/hda5
mount -t ext3 /dev/hda5 /usr/local
Le r�sultat de la commande mount (sans argument) n'est pas totalement fiable, surtout lorsqu'il s'agit de la partition /. Cette v�rification est utile si un arr�t brutal du syst�me entra�ne un fsck long.cat /proc/mounts
(mettre 1 � la derni�re colonne s'il s'agit de la partition /). L'option "auto" permet de monter une partition ext3 si mount est de version sup�rieure � 2.11f. De plus, cette option a l'avantage de permettre � un noyau ne reconnaissant pas ext3 de monter la partition en ext2. Par contre, pour /, il vaut mieux mettre ext3 directement. Elle sera toujours mont�e en ext2 par un noyau sans le support d'ext3, et cela �vite � df d'oublier d'afficher /, et surtout, il semble que l'option auto pour / pose quelque probl�me si ext3 est en module charg� par initrd. Pour les options de montage (� la place de defaults), voir man mount ou la section 5.�diter fstab. Il reste � remplir correctement /etc/fstab pour que la partition soit automatiquement mont�e en ext3 lors des prochains montages. Le flag pour le type de partition est "auto" ou "ext3". Par exemple: /dev/hda5 /usr/local auto defaults 1 2
Monter une partition ext3 en ext2. Si, pour une raison ou autre, vous voulez monter une partition ext3 en ext2, vous avez juste � d�monter la partition et la remonter en ext2. Avec l'exemple plus haut : umount /usr/localBien s�r cette op�ration est impossible avec la partition /. Pour monter / en ext2, il faut rebooter et rentrer l'option
mount -t ext2 /dev/hda5 /usr/localLILO: linux rootfstype=ext2au prompt de lilo (ce n'est valable qu'avec un noyau 2.4). Noter que le changement de "ext3" ou "auto" en "ext2" au niveau de /etc/fstab ne servirait � rien, car ce fichier n'est pas lu au moment o� le noyau monte la partition /.
Le comportement avec un noyau sans le support d'ext3. � condition que les partitions ext3 soient d�mont�es proprement, le d�marrage avec un noyau sans le support d'ext3 ne pose pas de probl�me particulier. La partition / est automatiquement mont�e en ext2. Les autres le sont aussi � condition que le type correspondant dans /etc/fstab soit auto et non ext3, et qu'il n'y ait pas d'options de montage non reconnues par ext2 (par exemple data=writeback). Dans le cas contraire, un montage manuel est toujours possible, par exemple mount -t ext2 /dev/hda5 /usr/localSi une partition ext3 n'est pas proprement d�mont�e, comme nous l'avons d�j� signal�, elle ne pourra pas �tre mont�e directement par un noyau sans le support d'ext3. Il faudra appliquer au pr�ablable un fsck en r�gle. En effet, � partir de la version 1.19 d'e2fsprogs, fsck est capable de rejouer le journal sur une partition ext3 mal d�mont�e, et ceci sans que le noyau connaisse le format ext3. Apr�s ce passage, la partition peut �tre mont�e comme une "vulgaire" partition ext2. Bien s�r, si la partition en question est votre partition racine /, l'utilisation d'une disquette/CD de secours est alors requise.
Pour revenir en ext3. Si une partition poss�dant les attributs d'ext3 a �t� mont�e en ext2, on la d�monte, et on la remonte en ext3. Par exemple: umount /usr/localIl n'y a rien d'autre � faire. Le journal n'est pas alt�r� par le montage en ext2.
mount -t ext3 /dev/hda5 /usr/local
Suppression d'ext3. Taper les commandes suivantes avec l'exemple plus haut: umount /dev/hda5L'option de tune2fs est la lettre O, et non le chiffre 0. La commande fsck qui suit a pour r�le de supprime l'inode du journal. Enfin, le cas �ch�ant, on peut supprimer le fichier ".journal" pour gagner un peu de place:
tune2fs -O ^has_journal /dev/hda5
fsck /dev/hda5
mount -t ext2 /dev/hda5 /usr/localchattr -i /usr/local/.journalPour terminer, ne pas oublier de modifier /etc/fstab en cons�quence.
rm /usr/local/.journal
Peut-on se passer de fsck � intervalle r�gulier ? Avec ext3, fsck est programm� par d�faut pour se lancer tous les 35 (ou un nombre approchant) montages ou tous les 180 jours. Vous pouvez r�gler cet intervalle avec tune2fs -c et tune2fs -i. En tout �tat de cause, il est pr�f�rable de laisser tourner fsck au moins une fois de temps � autres. En effet, le syst�me de fichiers �tant toujours marqu� comme "clean" si son d�montage se passe correctement, en cas de probl�me mat�riel sur le disque dur ou en cas de bugs du noyau, les erreurs ne sont pas toujours d�tect�es (personnellement, cela m'est arriv� avec une barrette de m�moire vive d�fectueuse). Il sera probablement trop tard pour agir quand vous les d�couvrirez. Modes de journalisation. Ext3 dispose de trois modes de journalisation: "data=writeback"; "data=ordered"; et "data=journal". Ces modes sont activables au montage de la partition. Par d�faut, ext3 est mont� avec le mode "data=ordered" qui convient pour le cas g�n�ral. Dans ce mode, les metadata - m�tadonn�es [1] - sont d'abord �crites dans le journal, ensuite sur le disque apr�s l'�criture effective des donn�es sur le disque. Le mode writeback, o� les m�tadonn�es sont journalis�es mais peuvent �tre �crites sur le disque avant les donn�es elles-m�mes, est plus rapide dans certaines circonstances, tout en assurant la coh�rence du syst�me de fichiers (c'est une garantie suppl�mentaire par rapport � ext2). C'est aussi le mode de fonctionnement de reiserfs, jfs et xfs. Enfin, le mode "data=journal", o� les donn�es et les m�tadonn�es sont journalis�es, est plus lent car les donn�es sont �crites deux fois, mais offre aussi plus de garantie quant � l'int�grit� des fichiers. Ce mode est, semble-t-il, plus adapt� aux bases de donn�es. Le choix du mode d�pend de vos besoins et des fonctions assign�es � la partition concern�e. Rien ne vaut un test en situation r�elle. Pour utiliser un mode diff�rent de celui par d�faut, on met par exemple /dev/hda5 /usr/local auto data=writeback 1 2dans /etc/fstab. Pour un changement temporaire, on d�monte la partition et on la remonte avecumount /usr/localPour la partition /, on rentre l'option
mount -o data=writeback /usr/localLILO: linux rootflags=data=writebackau boot (ou ajouter append="rootflags=data=writeback" dans lilo.conf).
Le choix des partitions. On peut envisager l'installation de plusieurs types de syst�mes de fichiers en fonctions de la partition. Par exemple, ext3 pour les partitions dont l'int�grit� est primordiale: /home, /var/spool/mail etc; ext2 avec option de montage ro (lecture seule) pour les partitions o� l'�criture est occasionnelle: /usr, /usr/local; ext2 avec option noatime pour les partitions o� les donn�es sont transitoires /tmp, /var/tmp, r�pertoires de compilation etc.
Le journal. C'est l'endroit o� sont stock�s les logs d'activit� de la journalisation. Si le journal a �t� cr�� par la commande tune2fs -j sur une partition d�mont�e, ou par mke2fs -j sur une partition non format�e, alors il se mat�rialise sous la forme d'un inode invisible par le syst�me de fichiers. Sinon, c'est un fichier cach� ".journal" � la racine du syst�me de fichiers, avec attribut "immuable" (man chattr). On peut imaginer ce fichier comme un fichier swap d�di� � la journalisation. Son contenu change en permanence en fonction des activit�s du syst�me de fichiers (cr�ation, modification, suppression de fichiers), mais le fichier lui-m�me garde la m�me taille et la m�me date de cr�ation/modification. Il est clair que pour �viter de se poser des questions m�taphysiques inutiles :) ou tout simplement des fausses manipulations conduisant � la suppression malencontreuse du journal, il est pr�f�rable d'avoir le journal sous la forme d'inode invisible. � partir de la version 1.26 d'e2fsprogs, fsck sera capable, au d�marrage du syst�me, de convertir automatiquement tous les fichiers .journal existant en des inodes invisibles. � l'heure o� nous �crivons, avec la version 1.26, cela n'est pas encore possible pour la partition /. Si vous voulez recr�er le journal sur /usr/local (par exemple si son journal est corrompu), il faut supprimer ext3 sur la partition, et recr�er le journal en suivant la section 3. Une autre mani�re de proc�der est comme suit (toujours avec l'exemple de la section 3):
mount -o remount,ro /dev/hda5(d�monter la partition avant tune2fs -j si on veut un inode invisible au lieu du fichier ".journal"). Cette m�thode a l'avantage de pouvoir s'appliquer � la partition /, il suffit auparavant de fermer le maximum d'applications, et de passer au runlevel 1: telinit 1. Apr�s la cr�ation du nouveau journal sur /, on revient au runlevel pr�c�dent N par un telinit N. En plus court: telinit `runlevel | cut -c 1`.
tune2fs -O ^has_journal /dev/hda5
fsck /dev/hda5
mount -o remount,rw /dev/hda5
chattr -i /usr/local/.journal; rm /usr/local/.journal
tune2fs -j /dev/hda5
Exporter le journal. Normalement, le journal d'une partition r�side dans la partition elle-m�me. Pour diff�rentes raisons (s�curit�, rapidit�, bidouillage:)), on peut cr�er le journal sur un autre p�riph�rique block comme par exemple une partition d�di�e, un ramdisk, ou une carte Nvram. Un petit test maison montre qu'exporter le journal dans le ramdisk ne fait pas augmenter la performance, contrairement � ce qu'on pourrait croire. Par contre, une carte Nvram semble �tre int�ressante dans le cas de NFS synchrone, � suivre. � noter �galement que cette fonctionalit� (export du journal) est encore exp�rimentale. Voici un exemple de cr�ation d'ext3 sur /dev/hda5 avec journal dans le ramdisk /dev/ram0:dd if=/dev/zero of=/dev/ram0 bs=1M count=32(cr�ation du ramdisk)
mke2fs -O journal_dev /dev/ram0Je ne sais pas pour quelle raison, j'ai d� ex�cuter cette commande deux fois pour que le journal soit effectivement cr�e. Cet exemple est purement fictif car le journal dispara�t au reboot ou en cas de crash, ce qui fait perdre tout b�n�fice de la journalisation. Attention, si vous exportez le journal sur une partition du disque dur, elle sera toute enti�re d�volue au journal. En particulier, cette commande d�truit toutes les donn�es existantes sur la partition journal. Maintenant nous cr�ons le syst�me de fichiers sur /dev/hda5:
mke2fs -j -J device=/dev/ram0 /dev/hda5Il faut veiller � ce que les tailles de blocks de la partition et du p�riph�rique contenant le journal soient les m�mes. On peut contr�ler le r�sultat:[root]:~/# dumpe2fs -h /dev/hda5|grep JournalOn voit que le journal est sur 0x0100, ce qui correspond bien au num�ro de majeur-mineur de /dev/ram0. Pour finir, on doit expliciter le type de syst�me de fichiers lors du montage:
dumpe2fs 1.26 (3-Feb-2002)
Journal UUID: 22b542d4-d0ba-4f7b-a292-99f97c085720
Journal inode: 0
Journal device: 0x0100mount -t ext3 /dev/hda5 /usr/local/
[Sommaire]
6. DocumentationVous trouverez des explications d�taill�es sur l'installation et l'utilisation d'ext3 dans:
Using the ext3 filesystem in 2.4 kernels d'Andrew Morton, un des d�veloppeurs d'ext3.Des documents plus techniques sur ext3 et les syst�mes de fichiers journalis�s en g�n�ral:
Whitepaper: Red Hat's New Journaling File System: ext3, un tr�s bon document �crit par Michael K. Johnson. Attention, ext3 n'appartient pas � RedHat !
EXT3 File System mini-HOWTO r�dig� par Rajesh Fowkar.
Une FAQ, une peu succinte, r�dig�e par Juri Haberland.
EXT3, Journaling Filesystem, une conf�rence de Stephen Tweedie en juillet 2000.
Softupdates et filesystems journalis�s, un article de Thomas Pornin. Attention, ext3 ayant �volu� depuis l'�criture de cet article, certaines r�serves concernant ext3, notamment le fait que les donn�es sont obligatoirement journalis�es, ne sont plus de mise. Voir la section 5.
�tude sur l'�volution des syst�mes de fichiers d'Yves Rougy (Alc�ve).
Journalling Filesystems for Linux, (traduction en fran�ais ici) Linux Gazette num�ro 68, par Matteo Dell'Omodarme
Journal File Systems, (traduction en fran�ais ici) Linux Gazette num�ro 55, par Juan I. Santos Florido.
Journal File Systems in Linux. Un article de Ricardo Galli
Introducing ext3, et Surprises in ext3, deux articles de Daniel Robbins.
Pendant la r�daction de ce document, Isabelle a relu attentivement le texte, Y. Dessertine, S. �colivet, A. Gomes-do-Vale, E. Labaume et T. Nemeth m'ont fait des suggestions pour am�liorer la pr�sentation, et V. Bernat m'a dit "Aucune [remarque], c'est tr�s bien" (�a fait toujours plaisir :)).
7. Remerciements
L'auteur: Je suis un math�maticien, utilisateur de Linux depuis janvier 1996. Je travaille principalement sous la distribution Slackware. Ma premi�re installation d'ext3 remonte au noyau 2.4.6, et il m'a toujours donn� satisfaction depuis (� part avec 2.4.10, mais ne jetons pas la pierre... :)).
[1] Les donn�es sont les contenus des fichiers, tandis que les m�tadonn�es sont relatives aux structures d'un syst�me de fichiers: emplacement des fichiers, inodes, etc.