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Foire aux questions sur le
Titanic

Pourquoi le Titanic a-t-il été construit?
Même si le Titanic est mieux connu pour avoir transporté les
gens riches et célèbres entre l’Europe et les États-Unis,
le navire avait en fait plusieurs responsabilités:
- Le transport du courrier britannique et
américain – le
nom complet du Titanic était le Royal Mail Ship (RMS) Titanic.
- Le transport de marchandises diverses
et de viandes congelées,
le bétail européen de l’époque n’arrivant
pas à suffire à la demande.
- Le transport des passagers de première classe dans le luxe,
des passagers de seconde classe dans le grand confort et les passagers
de troisième classe de manière économique.
- L’augmentation de la visibilité du drapeau britannique
et le soutien de l’honneur national.
Malgré que le Titanic devint finalement une propriété américaine,
le navire avait été construit dans un chantier naval
britannique, avait été opéré par des
sujets britanniques, avait été piloté par des équipages
britanniques et était par conséquent perçu
par le public comme étant un navire britannique.
Quelle était la taille du Titanic? Combien de membres d’équipage étaient à bord?
Le Titanic faisait 269 mètres et six centimètres de
longueur par 28 mètres et deux centimètres de largeur
et pesait 52 310 tonnes. Il avait 1316 passagers à son bord:
325 en première classe, 285 en seconde et 706 en troisième.
Au moment de son naufrage, l’équipage consistait de
885 hommes et femmes divisés en trois départements:
le personnel du pont (66 personnes), le service d’entretien
et d’opération des machines (325 personnes) et le département
d’avitaillement et de service aux passagers (494 personnes). À ce
nombre s’ajoute l’orchestre de huit musiciens qui appartenaient
en fait à une autre compagnie et voyageait en seconde classe.
Par qui le Titanic a-t-il été construit?
Le Titanic a été construit par l’entreprise
de construction navale Harland and Wolff dans son chantier naval
de Queen’s Island à Belfast, en Irlande. Edward Harland
avait acquis le chantier en 1859 et quelques années plus
tard, il forma un partenariat avec G.W. Wolff pour finalement changer
le nom de la compagnie pour Harland and Wolff en 1862. Les deux
hommes étaient soit retraités ou décédés
au moment de la construction du Titanic et la compagnie fut placée
sous l’administration de Lord Pirrie.
Pourquoi le Titanic était-il réputé insubmersible
et d’où vient la légende?
Le Titanic était décrit par la presse populaire comme étant “presque
insubmersible.” Ceci était commun à l’époque:
les navires possédaient depuis plusieurs décennies
des compartiments étanches pour limiter les inondations en
cas d’accident et la presse utilisait cette expression depuis
des années. Après le naufrage du Titanic, l’histoire
de sa perte devint une légende et son appellation de “presque
insubmersible” devint tout simplement “insubmersible” pour
agrémenter le mythe. Personne en 1912 ne croyait que le Titanic était
réellement insubmersible, mais il était difficile
d’imaginer un accident assez grave pour le faire sombrer au
fond de l’océan.
L’équipage du Titanic avait-il été averti
des icebergs se trouvant à proximité?
Oui. Un premier avertissement annonçant la présence
de glace fut reçu de la part du Cunard Liner Caronia à 9h
le matin même de la tragédie. D’autres avertissements
ont été reçus de la part de navires avoisinants
tout au long de la journée.
En combien de temps le Titanic
a-t-il coulé?
Le Titanic a heurté l’iceberg à 23h40 le dimanche
14 avril 1912 et a coulé deux heures et 40 minutes plus tard,
soit à 2h20 le jour suivant.
Les passagers de troisième classe ont-ils délibérément été retenus
dans les caves?
Les enquêtes britanniques et américaines n’ont
trouvé aucune preuve suggérant que les passagers de
troisième classe eut été délibérément
retenus dans les caves même s’il est vrai qu’ils
n’atteignirent le pont supérieur qu’à la
toute fin du naufrage. Il est plausible que les officiers aient
carrément été débordés et aient
oublié de donner l’ordre d’évacuer la
troisième classe. La White Star ne possédait pas de
plan d’urgence pour ce genre de situation et les officiers étaient
déjà affairés à minimiser les dégâts
et à mettre les canots de sauvetage à l’eau.
Les stewards de troisième classe ont tout simplement attendu
l’ordre d’évacuer, en vain.
Quels navires sont venus au
secours du Titanic, et lesquels s’en
sont abstenus?
L’appel de détresse du Titanic a été reçu
par plusieurs navires incluant le Carpathia, le Mount Temple, le
Virginian, le Baltic, le Caronia, le Prinz Fredrich Wilhelm, le
Frankfurt et le navire-jumeau du Titanic, l’Olympic. Plusieurs
de ces navires ont tout d’abord dévié de leur
trajectoire afin d’aller porter secours au Titanic, mais en
se rendant compte que seul le Carpathia allait atteindre le bateau à temps,
ils firent demi-tour et reprirent leur trajectoire initiale. Le
Californian, de la Leyland Line, se trouvait à quelques kilomètres
seulement du Titanic et avait pris la décision de s’immobiliser
pour la nuit en raison du danger que la glace représentait
dans la noirceur. Son télégraphiste avait néanmoins
quitté son poste pour la nuit et ainsi manqué l’appel
de détresse du Titanic. Une controverse persiste encore aujourd’hui
concernant la négligence possible des officiers présents
sur le pont qui n’avaient pas enquêté davantage
sur la présence de fusées de détresse dans
le ciel ce soir-là.
Est-il vrai que seuls les
femmes et les enfants avaient le droit de monter à bord
des canots de sauvetage?
Traditionnellement, les femmes et les enfants avaient accès
en priorité aux canots de sauvetage. Toutefois, en raison
du manque de canots disponibles, la majorité des victimes
du naufrage du Titanic furent des hommes. À bâbord,
l’officier Lightoller, qui supervisait la mise à l’eau
des canots de sauvetage, appliqua littéralement cette règle
et empêcha ainsi tous les hommes, à l’exception
des membres d’équipage responsable des canots de sauvetage,
de prendre place à bord. Au début du naufrage, ne
croyant pas que le Titanic était réellement en train
de sombrer, peu de femmes acceptèrent de quitter le navire,
causant ainsi plusieurs canots à prendre la mer à moitié vides. À tribord,
l’officier Murdoch, quant à lui, compris qu’une
fois que toutes les femmes et les enfants présents avaient
pris les premières places, les hommes désirant évacuer
pouvaient occuper l’espace restant.
Combien de survivants du Titanic
sont-ils encore en vie aujourd’hui?
Seule Millvina Dean, âgée de deux mois au moment du
naufrage, vit encore aujourd’hui. Mme Dean réside au
Royaume-Uni.
Par qui l’épave du Titanic a-t-elle été découverte?
L’épave du Titanic a été localisée
par le Docteur Robert Ballard et Jean-Louis Michel, à 1h05
le 1er septembre 1985, lors d’une expédition franco-américaine.
À qui l’épave
du Titanic appartient-elle?
Selon le code maritime, le propriétaire d’un navire
conserve les droits sur son épave à moins qu’il
ne l’abandonne ou qu’une très longue période
de temps se soit écoulée depuis son naufrage. Il est
généralement reconnu que lorsque la White Star vendit
sa compagnie à Cunard, le Titanic n’était pas
couvert par la vente puisqu’il avait déjà coulé et
qu’il ne pouvait être renfloué. Une partie de
la coque était assurée par plusieurs compagnies et
aucune d’entre elles ne tenta de revendiquer l’épave. À ce
jour, aucun tribunal n’a accordé les droits sur l’épave à qui
que ce soit pour cause d’abandon.
Où l’épave
du Titanic se trouve-t-elle?
L’épave du Titanic est située à 1550
kilomètres au nord-est de New York et à 729 kilomètres
au sud-est des côtes de Terre-Neuve. Le Titanic repose à quatre
kilomètre de profondeur où la pression est de 6000
livres par pouce carré.
L’épave du Titanic peut-elle être renflouée?
Malheureusement, même si la technologie nécessaire
pour renflouer l’épave existait, celle-ci est maintenant
trop fragile et friable pour être soulevée et transportée.
Dans quel état l’intérieur de l’épave
du Titanic se trouve-t-il?
La majorité du bois mou employé lors de la construction
du Titanic, tel que le pin utilisé pour les murs entre les
cabines, a disparu de la structure du navire, transformant ainsi
l’intérieur du bateau en une énorme caverne
d’acier enduite d’une épaisse couche de vase
marron. On y retrouve pourtant quelques vestiges du décor
jadis majestueux du navire, surtout aux endroits où les courants
sont plus calmes ce qui fait entrave à la prolifération
de micro-organismes qui rongent le bois. Les plafonds, pans de murs,
garnitures et couvre-fenêtres décoratifs les mieux
conservés se trouvent dans la salle de réception de
la première classe et dans certaines suites de luxe situées
sur les ponts supérieurs.
L’épave du Titanic menace-t-elle de s’effondrer?
Oui, mais il est impossible de dire à quel moment cela se
produira-t-il. Le compactage des ponts à la poupe du navire
a été remarqué depuis la découverte
de l’épave. On remarque également une détérioration
de la superstructure au niveau des quartiers des officiers, du
gymnase et de la promenade couverte.
Combien d’expéditions la RMST a-t-elle effectuées?
En tout, RMS Titanic Inc. a effectué sur le site de l’épave
du Titanic sept expéditions de recherche et de repêchage,
soit en 1987, 1993, 1994, 1996, 1998, 2000 et en 2004.
Combien d’artefacts RMS Titanic Inc. a-t-elle récupérés?
À ce jour, RMS Titanic Inc. a repêché plus de
5000 objets du site de l’épave, allant de délicats
couverts de porcelaine à une section de la coque pesant 17
tonnes.
Pourquoi est-il si important
de récupérer et de conserver
des artefacts provenant de l’épave du Titanic?
Le fond de l’océan est un environnement hostile. Avec
le temps, les objets de fabrication humaine seront grugés
par des bactéries, écorchés par les sédiments
marins et corrodés par le sel et les acides présents
dans l’eau. Le navire lui-même est lentement démoli
par des micro-organismes qui rongent le métal et finira donc
par s’écrouler. Les objets qui ne sont pas récupérés
seront perdus à jamais. RMS Titanic Inc. s’engage donc à récupérer,
conserver et présenter ces artefacts pour préserver
le souvenir du navire et de tous ceux qui ont péri dans son
naufrage. Des gens de partout dans le monde peuvent ainsi voir et
toucher de véritables objets faisant partie de l’épave
et mieux comprendre le côté humain de la tragédie.
Comment RMS Titanic Inc. (RMST)
a-t-elle acquis les droits de “sauveteur
en possession” de l’épave du Titanic?
En 1993, RMST, en conformité avec le code maritime, repêcha
des objets provenant de l’épave du Titanic et les présenta à la
cour fédérale de Norfolk, en Virgine. Elle suivit
la procédure légale de saisir le navire et de publier
un avis annonçant qu’elle comptait devenir “sauveteur
en possession” du bateau, puis elle invita quiconque désirant
revendiquer l’épave à contester devant la cour
fédérale les droits qu’elle avait précédemment
invoqués. Une réclamation fut déposée
au nom de plus de 700 compagnies d’assurance et celle-ci fut
réglée hors-cours. Le 7 juin 1994, la RMST fut déclarée
par la cour fédérale de Norfolk “sauveteur en
possession” de l’épave et du site, empêchant
ainsi qui que ce soit d’autre de se rendre sur le site avec
pour but de ramasser des objets. RMST est la seule entité à avoir
récupéré et conservé des objets provenant
de l’épave du Titanic.
Comment un tribunal américain peut-il déclarer sa
compétence juridictionnelle à l’égard
d’un lieu de naufrage en haute mer ?
Dans sa décision - rendue le 24 mars 1999 - qui déclare
la société RMST « sauveteur en possession » du
Titanic, la Cour d’appel fédérale pour le quatrième
circuit aborde cette question juridictionnelle en détail
(voir R.M.S. Titanic, Inc. v. Haver, 171 F. 3d 943, 959, 967-8
[4th Cir. 1999], cert. Denied, 120 S. Ct. 74 [1999]).
D’emblée, la Cour souligne que l’article III
de la Constitution américaine confère aux tribunaux
fédéraux la pleine compétence en matière
de droit maritime et de droit mairitime. En effet, les auteurs de
la Constitution placèrent les affaires maritimes sous le
contrôle des autorités fédérales en raison
de leur connexité avec la navigation, le commerce inter-étatique
et le commerce international. Aussi, la source juridique du droit
maritime précède-t-elle l’adoption de la loi
fondamentale américaine ; il s’agit du vénérable « droit
de la mer », une composante particulièrement développée
et connue du droit coutumier international que les États
appliquent depuis plus de 3 000 ans.
Selon la Cour, la force de loi du droit coutumier
du code maritime ne résulte pas de la portée extraterritoriale des
lois nationales ou de la renonciation quelconque d’un État à ses
droits souverains, mais découle plutôt du consentement
général de la communauté des nations à se
soumettre à des règles favorisant des relations commerciales
pratiques et amicales. Ainsi, explique la Cour, lorsqu’une
affaire mairitime est soumise au droit maritime général,
il s’agit d’une expression de souveraineté nationale
et de la reconnaissance et de l’acceptation de la common law
des mers, un ensemble de principes qui a su résister à l’épreuve
du temps.
L’exercice de la compétence juridictionnelle à l’égard
des affaires du code maritime ne s’est d’ailleurs jamais
limité aux faits survenus dans les eaux territoriales américaines.
Bien au contraire, les causes maritimes résultant de faits
survenus en haute mer ont généralement été portées
devant les tribunaux du code maritime, sous réserve de l’exercice
discrétionnaire de la doctrine du forum
non conveniens. La
Cour affirme donc que le « droit du sauvetage » (law
of salvage) fait partie de la loi des nations et soutient que si
RMST avait apporté des objets provenant de l’épave
du Titanic à un tribunal anglais, français ou canadien,
ce tribunal, en appliquant ces mêmes principes, serait parvenu
aux mêmes conclusions que la Cour d’appel fédérale.
Au reste, afin de maintenir l’ordre en haute mer et de réguler
le commerce international, il est fondamental que les tribunaux
du code maritime appliquent le droit de façon similaire.
En conclusion, la Cour en déduit qu’elle est compétente
in rem pour connaître d’une action portant sur l’épave
du Titanic, puisque des objets provenant de cette épave se
trouvent dans sa Cour. Cette juridiction exprime une juridiction
partagée entre les États qui appliquent cette même
loi des nations. En s’appuyant sur ce raisonnement, les cours
fédérales ont déterminé que RMST était
dans son droit de demander à une cour fédérale
de lui attribuer la qualité juridique de « sauveteur
en possession » du Titanic.
