Paul Ollendorff
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Gilbert Grandval (petit-fils en lignée féminine) Jacques-Louis Dumesnil (inconnu) |
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Paul Ollendorff, né le [1] à Paris et mort le à Choisy-au-Bac[2], est un éditeur et un libraire français. Il a créé une maison d'édition, très active à la fin du XIXe siècle.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Paul Ollendorff est le deuxième fils d’Heinrich Gottfried Ollendorff, émigré juif de Pologne, et auteur d'un ouvrage pédagogique à succès intitulé Nouvelle Méthode pour apprendre à parler, écrire une langue en six mois[3]. Paul, son frère Gustave[4], sa sœur Mina et leur mère Dorothéa Ollendorff-Pincus vivront dans un premier temps des revenus éditoriaux du père, vendant les méthodes rue de Richelieu : c'est au 28 bis de cette rue qu'en 1875 le jeune Paul Ollendorff ouvre sa propre librairie, avec comme fonds de départ des pièces de théâtre.
Les éditions Ollendorff
[modifier | modifier le code]L'éditeur Ollendorff accueille Georges Ohnet, qui vient d'être refusé par Calmann Lévy : Le Maître de forges (1882) sera le premier grand succès d'Ollendorff, qui est désormais un éditeur en vue. Bientôt, Guy de Maupassant lui confie près d'une dizaine de textes, dont Le Horla (1887), mais aussi Octave Mirbeau, qui lui donne ses deux premiers romans, Alphonse Allais, qui lui confie ses cinq premiers livres, Paul Adam, Jean Lorrain, Paul Féval fils, Abel Hermant, Willy, Jules Renard, Fernand Vandérem… soit plus de 2 000 titres[5] présents au catalogue[6] en 1896. Certains ouvrages font appel à des illustrateurs très marqués par le style art nouveau.
En 1898, fort de son succès, Paul crée avec quelques associés la Société d'éditions littéraires et artistiques, en complément de La Librairie Ollendorff, avec un capital annoncé de 1 million de francs. On trouve au conseil d'administration les noms d'Auguste Pellerin, Bernard-Martin Chan, Isidore Mendel (administrateur principal), et Alfred Humblot (gérant). Pierre Valdagne est nommé conseiller éditorial et quittera la maison en 1907. Les locaux se situent désormais au 50, rue de la Chaussée-d'Antin. Colette ou André Theuriet se laissent séduire par cette nouvelle maison. Quant à Paul Ollendorff, il possède 5 % des parts et près de 600 000 francs de revenus sur sa maison[7].
En 1899, il entreprend l'édition illustrée des Œuvres complètes de Maupassant dont il confie toute la gravure sur bois à Georges Lemoine. Il lance la même année la collection « Les Minutes parisiennes », revisitant les physiologies, avec la complicité d'auteurs et d'illustrateurs contemporains.
Alors qu’en , Ollendorff annonçait la publication d'une nouvelle collection reliée à 3,50 francs en la présentant comme une nouvelle forme d'édition, sa gamme de « romans populaires illustrés » ne prend pas, sans doute concurrencée par des ouvrages bien plus alléchants[8]. La Librairie Ollendorff semble péricliter à partir de 1904. Désireux de prendre de la distance quant à ses associés, il rachète ensuite avec ses parts le journal Gil Blas, en partenariat avec Antonin Périvier (première publication sous sa direction le [9]), qu'il abandonne en 1911. En 1903, il lance Drames vécus ! Plus de fictions : la réalité, un périodique de récits illustrés dirigé par Félix Le Héno (Jacques Dhur).
Après 1903, « Paul Ollendorff, éditeur » continue son activité. La maison décroche le prix Goncourt de 1905 avec Les Civilisés de Claude Farrère, un véritable best-seller, puis lance plusieurs nouvelles collections à bas prix. En 1904, elle entreprend l'édition de l'œuvre complète de Victor Hugo dite « de l'Imprimerie nationale », qui prendra plus de quarante ans, et sera terminée par Albin Michel[10].
Début 1913, Alfred Humblot (1861-1921), directeur des éditions, refuse le manuscrit[11], pourtant recommandé par Louis de Robert, des premiers tomes d'À la recherche du temps perdu en écrivant à ce sujet à Marcel Proust que : « Je suis peut-être bouché à l’émeri, mais je ne puis comprendre qu’un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil ». Dépressif, Humblot se suicide trois ans après fin de la Première Guerre mondiale[12],[13].
Fin de vie et succession
[modifier | modifier le code]Quand Paul Ollendorff meurt en 1920[14], laissant un patrimoine immobilier important[15], la maison qu'il avait créée, désormais dirigée par André Delpeuch, est quelque peu endormie. Elle perd en 1923 ses droits d'exploitation de l'œuvre de Guy de Maupassant détenus par Jean Ossola. Les éditions Albin Michel récupèrent une partie du fonds en 1924 (« Fonds Ollendorff »)[16]. La Société d'éditions littéraires et artistiques dépose le bilan en .
Galerie
[modifier | modifier le code]- Couverture de Claudine à l'école (1900), illustrée par Emilio Della Sudda.
- Marque des éditions, vers 1910.
- Le Droit des blessés : l'affaire du Zouave Deschamps devant le Conseil de Guerre de Tours (Paul Meunier), 1916.
Illustrateurs
[modifier | modifier le code]Paul Ollendorff, qui fut le premier éditeur français de Frans Masereel, fit appel à de nombreux artistes pour illustrer ses publications :
- George Auriol
- Caran d'Ache
- Ferdinand Bac
- Lucien Barbut
- Vincent Bocchino
- Georges Bottini
- André Brouillet
- Oreste Cortazzo
- Eugène Courboin
- Emilio Della Sudda
- Clémentine-Hélène Dufau
- Géo Dupuis
- Faure-Dujarric
- Ricardo Florès
- Gustave Fraipont
- Jules Grandjouan
- Lucien Guy
- Maximilienne Guyon
- André Hellé
- Joseph Hémard
- Charles Huard
- Jarach
- Jeanniot
- Julian-Damazy
- Maurice de Lambert
- Henri Lanos
- René Lelong
- Georges Lemoine
- Auguste Leroux
- Lobel-Riche[Lequel ?]
- Lorant-Heilbronn
- Fernand Maillaud
- Lucien Métivet
- Adrien Moreau
- Charles Morel
- Louis Morin
- Myrbach
- Joseph Pinchon
- Gaston Prunier
- Richard Ranft
- Valérie Rottembourg
- José Roy
- André Suréda
- Henri Somm
- Joaquím Sunyer
- Ernest Thélem
- Louis Vallet
- Pierre Vidal
- Joaquín Xaudaró
Récipiendaire
[modifier | modifier le code]En [17], à la demande de son frère Gustave, Paul Ollendorff se voit décerner le titre de chevalier de la Légion d'honneur.
Vie privée et famille
[modifier | modifier le code]En secondes noces, Paul Ollendorff épouse en 1911 Suzanne Stéphanie Noëlle Destrem (1861-1939) ; leur fille Jeanne est la mère[18] de Gilbert Grandval, résistant et ministre du Travail sous la présidence de Charles de Gaulle.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-Yves Mollier, Dictionnaire encyclopédique du Livre, t. 3, Cercle de la Librairie, , p.64-65.
- ↑ In Chronologie de l'édition française de 1900 à nos jours, en ligne.
- ↑ Adoptée par les collèges, cette méthode fut déclinée pour l'allemand, l'anglais, l'italien, le latin, etc., et même le français à l'usage des étrangers. Éditée à compte d'auteur à partir des années 1840, l'adresse mentionnée est le 67 rue de Richelieu à Paris.
- ↑ « Gustave Ollendorff (1850-1891) - Auteur - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le ).
- ↑ D'après Mollier 2007, p. 65, §2. La navette de la BNF propose, quant à elle, plus d'un millier d’occurrences sur son site.
- ↑ Les ouvrages paraissaient sous le nom de Paul Ollendorff, éditeur.
- ↑ (Bessard-Banquy 2016, p. 6-7).
- ↑ Dont les feuilletons illustrés de la Librairie Nilsson par exemple.
- ↑ « Gil Blas, 10 janvier 1903 », sur gallica.bnf.fr, (consulté le ).
- ↑ « Œuvres complètes de Victor Hugo, édition dite de l’Imprimerie nationale », sur Wikisource.
- ↑ Comment débuta Marcel Proust, in: Inactuel / Séguier.
- ↑ J. H. Rosny (aîné), Mémoires de la vie littéraire. L’Académie Goncourt, les salons, quelques éditeurs, Paris, G. Crès, 1927, p. 196-197.
- ↑ Vosges Matin, 28 juillet 2024.
- ↑ « nécrologie », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ (Bessard-Banquy 2016, p. 7).
- ↑ (Bessard-Banquy 2016, p. 21).
- ↑ « LEONORE, Cote LH/2016/25, Paul Ollendorff », sur culture.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Gilbert Grandval », sur saar-nostalgie.de (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Catherine Noblet, Paul Ollendorff et la librairie de Minuit, Paris, université de Paris-X, 1991.
- Olivier Bessard-Banquy, « La maison Ollendorff. Splendeurs et misères d’une grande maison littéraire : au tournant des XIXe et XXe siècles », Revue française d’histoire du livre, (lire en ligne).
- Notice de Pierre Michel sur Paul Ollendorff, in Dictionnaire Octave Mirbeau, en ligne. Parue dans « Mirbeau, Ollendorff et les droits d’auteur », Cahiers Octave Mirbeau, no 12 (2005) et no 14 (2007).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la vie publique :
- Libraire du XIXe siècle
- Libraire du XXe siècle
- Éditeur français du XIXe siècle
- Éditeur français du XXe siècle
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1889
- Maison d'édition française disparue
- Colette
- Décadentisme
- Naissance en février 1851
- Naissance dans l'ancien 2e arrondissement de Paris
- Décès en décembre 1920
- Décès à Choisy-au-Bac
- Décès à 69 ans
