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Oloron-Sainte-Marie (Manet)

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Oloron-Sainte-Marie
BERJAYA
Artiste
Date
1871
Type
Peinture
Technique
Dimensions (H × L)
42,5 × 62,5 cm
Mouvement
Propriétaire
Stiftung Sammlung E. G. Bührle
No d’inventaire
64, BU 0064Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Oloron-Sainte-Marie (1871) est un tableau réalisé par Édouard Manet portant le nom de la ville qu'il utilise comme sujet, réalisé en 1871 au terme de la guerre franco-prussienne.

Il représente une vue de la ville depuis le balcon de la maison Souviron sous laquelle coule le Gave d'Ossau.

Description

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Le tableau représente une vue des tumultes des toits ardoisés d'Oloron-Sainte-Marie, capitale du Haut-Béarn, depuis ce qui semble être le dernier balcon de la maison Souviron qui surplombe le Gave d'Ossau.

Représenté de dos et coiffé d'un chapeau de feutre mou, un homme est accoudé sur la balustrade du balcon, observant probablement le fleuve sous la bâtisse. À ses côtés, un chat fait sa toilette.

Dans l'arrière-plan est représentée la campagne entourant la ville, de laquelle ressortent quelques peupliers pointant vers un ciel nuageux.

Le contraste entre la ville et sa nature avec la froideur du personnage vêtu de sombre sur son balcon blanc paraît assez évident.

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Vue approximative du tableau deux étages plus bas, en Juin 2026.

Accessibles depuis les actuelles rue Palassou et Justice, les maisons représentées par Manet sur son tableau conservent aujourd'hui encore l'apparence qu'il leur voyait alors. La vue de la campagne est cependant aujourd'hui bloquée par de grands arbres.

Contexte historique

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La guerre franco-prussienne des années 1870 et 1871 a saigné la France et ses habitants, ayant forcé un changement de régime passant du Second Empire à la Troisième République (après le gouvernement de la Défense nationale et les évènements de la Commune de Paris). Le pays fut alors plongé dans une grande incertitude, forçant des parties de la population frappées par la guerre et ses affres à fuir.

C'est le 8 septembre 1870, lors du siège de Paris, qu'Édouard Manet, jeune officier de réserve en tant que lieutenant d'artillerie envoya sa famille séjourner à Oloron-Sainte-Marie. Mise à l'abri de la guerre et de la capitale, sa famille constituée de sa femme Suzanne Leenhoff et son fils Léon Koelin-Leenhoff sont accueillis par un ami, Albert de Lailhacar, dans une maison qu'il possédait : la maison Souviron[1]. Il est d'ailleurs dit de la maison Souviron, affaire de prêt-à-porter de générations en générations, qu'elle est l'un des plus anciens commerces encore actifs de France[2].

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La maison Souviron d'où a été peint le tableau, au dernier balcon.

C'est le 12 février 1871 que le peintre rejoint sa famille pour à son tour fuir la guerre. Il n'y restera qu'une semaine, le temps d'y installer son atelier et de réaliser ce seul tableau[3].

Une fois rentré à Paris, Édouard Manet aurait vendu son tableau à un restaurateur à qui il devait rembourser des dettes pour la somme de 200 francs[4].

Idées et théories

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Il est difficile de dire à qui appartient la silhouette du personnage du tableau. Selon les proches du peintre, il s'agirait du fils de sa femme, Léon Koelin-Leenhoff, alors âgé de 19 ans. Selon l'historien oloronais Pierre-Louis Giannerini, il s'agirait plutôt de quelqu'un d'autre : « On a plutôt le sentiment d'être en présence d'un homme d'âge mur. Je penche plutôt pour la représentation de son hôte, M. Lailhacar »[1].

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Paysage d'Oloron-Sainte-Marie, l'un des tableaux dont la paternité d'Édouard Manet est discutée ; confondue avec Paisaje de Granada, de Marià Fortuny (1838-1874)[5].

S'appuyant sur les travaux du journaliste Adolphe Tabarant, Pierre-Louis Giannerini enquêta sur le séjour du peintre à Oloron et proposa qu'il y eut réalisé d'autres œuvres en plus de celle-ci. Il y aurait supposément réalisé des esquisses d'une vue de Sainte-Croix depuis le parc Pommé, ainsi qu'une vue du collège des Cordeliers depuis la gare[6]. La paternité de ces œuvres reste encore ouverte au débat.

Au total, entre trois et quatre tableaux auraient visiblement été peints en plus d'Oloron-Sainte-Marie, qui demeure visiblement le seul dont la paternité et le contexte sont attestés[3].

Il reste cependant étonnant de penser que Manet ait pu avoir le temps de réaliser plusieurs tableaux dans un laps de temps aussi court qu'une semaine, mais le doute reste toujours permis.

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Vue des toits d'Oloron et du Gave d'Aspe depuis le pont Saint-Claire, à une centaine de mètres du point de vue peint par Manet.
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Esquisse d'une vue du quartier de Sainte-Croix depuis le parc Pommé, retrouvé dans une collection particulière oloronaise.

Références

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  1. 1 2 « Le retour du peintre Manet à Oloron (64) », sur SudOuest.fr, (consulté le ).
  2. « Béarn : « On a retrouvé des factures qui datent de 1620 ! », bienvenue à Souviron Palas, l’un des plus vieux magasins de France », sur SudOuest.fr, (consulté le ).
  3. 1 2 « Quand Edouard Manet peignait Oloron », sur ezcurdia.free.fr (consulté le ).
  4. Thierry Sagardoytho, « Manet, Monet, Money, l'affaire du tableau d'Oloron - épisode 4 », sur ICI, (consulté le ).
  5. « L’œuvre de Manet « Paysage d’Oloron » était-elle en réalité une vue de Grenade ? », sur LaRepubliqueDesPyrenees, (consulté le ).
  6. « Edouard Manet à Oloron : Giannerini mène l'enquête », sur SudOuest.fr, (consulté le ).