L'OCCIDENT ET LES DOCUMENTS DE LA CONTROVERSE ARIENNE
L'Occident ne s'est intéressé que lentement à la crise arienne. Bien que le pape saint Silvestre ait envoyé des représentants au concile de Nicée, il a 'fallu de longues années pour que l'on comprenne dans les Églises de langue latine l'importance des controverses soulevées par la prédication d'Arius à Alexandrie. Cette indifférence, ou cette ignorance, s'explique, du moins en grande partie, par le fait que tous les documents susceptibles de faire connaître l'arianisme étaient rédigés en grec. Nous voudrions rappeler dans quelles circonstances et à quel moment ces documents se sont répandus dans l'Occident chrétien.
Arius avait exposé sa doctrine, non seulement dans un ouvrage suivi, la Thalie, mais dans une série de lettres, dont il avait peut-être fait lui-même une collection (1) et dont le recueil était soigneusement conservé à Alexandrie (2). Aux lettres d'Arius étaient jointes d'autres lettres de ses partisans, Eusèbe de Nicomédie, Narcisse de Néroniade, Patrophile de Scythopolis, Maris de Chalcédoine, Paulin de Tyr, Théodote de Laodicée, Athanase d'Anazarbe, Eusèbe de Césarée, Théognis de Nicée.
La Thalie ne paraît pas avoir connu une grande diffusion en dehors d'un cadre assez étroit. Saint Alexandre d'Alexandrie, saint Athanase, sans doute aussi Marcel d'Ancyre sont, à notre connaissance, les seuls à l'avoir lue et à la citer. Saint Épi- phane, si bien renseigné sur la littérature hérétique, ne la men-
(1) Socrate, Ilist. eccles., I, 6 ; P. G., LXVII, 53.
(2) Athanase, De synod., 18 ; P. G., XXVI, 713 A.



















