LA TRIADE HÉLIOPOLITAINE ET LES TEMPLES DE BAALBEK
PAR HENRI SEYRIG
La publication des fouilles exécutées par l'Allemagne à Baalbek-Hélio- polis entre 1900 et 1904 vient de mettre à la disposition des archéologues, sous une forme qui mérite une reconnaissance sans réserve, les moindres détails de l'ensemble architectural le plus magnifique de la Syrie. Dans un récent compte rendu de cet ouvrage (1), je me suis efforcé de montrer l'intérêt capital des nouveaux documents pour l'histoire des cultes syriens, et j'ai tenté, en les interprétant, d'esquisser le développement religieux de ce fameux sanctuaire, dont la foi, colportée par les marchands et les soldats de l'empire romain, parvint jadis aux extrémités de l'Europe. Mais le sujet mérite sans doute d'être repris avec plus de détail que n'en tolérait le cadre d'une notice bibliographique. Et du reste, plusieurs rapprochements nouveaux, auxquels je n'avais pris garde, sont venus modifier mes argumentations, non
(*) Litteris, 5, 1928, p. 165-179. — Au moment où j'écrivais ce compte rendu, ainsi que la plus grande partie du présent article, une ignorance que je déplore vivement m'empêchait de citer les lignes pénétrantes que le R. P. Ronzevalle avait consacrées (Mélanges de V Univ. St. -Joseph, 10, 1925, p. 215-21H) aux théories de M. Thiersch sur le culte héliopoli- tain, et dans lesquelles il émettait l'hypothèse (en se réservant de l'exposer plus tard), que Mercure Héliopolitain était un dieu-fils, identique à Bacchus et à Adonis, et que la triade de Baalbek devait être fort ancienne. Je tiens à reconnaître ici que la priorité de ces idées appartient à cet excellent connaisseur des cultes syriens, avec lequel je me félicite singulièrement de me trouver d'accord, sinon sur tous les
détails, du moins sur ce point capital. — Les conclusions de ma notice dans Lilleris ont élé combattues, en revanche, par M. Parrot (Syria, 10, 1929, p. 120 s.). Le détail dans lequel je les reprends ici leur enlèvera en partie, j'espère, ce qu'elles pouvaient avoir d'incertain. Toute l'exégèsedeM. Parrot apourpostulatlexistence de Jupiter-Sol. Mais ce dieu hybride est le dernier produit de la théologie syrienne, non son premier. Il n'a donc pu avoir aucune influence sur sa symbolique, déjà toute formée à l'époque claudienne, et qui remonte sans doute bien plus haut. Quant à la colonne trouvée à Baalbek par M. Parrot, sa restitution par M. Trotin ne me paraît pas admissible, et son appartenance à un temple est problématique. 11 faut se borner à souhaiter la reprise des fouilles.























