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Hexane

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BERJAYA
Isomères de l'hexane.

L'hexane est le composé chimique de formule brute C6H14, un alcane. Il est extrait par craquage du pétrole et a longtemps été brulé, avant d'être utilisé comme solvant.

On en connaît cinq isomères :

Dangerosité

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Neurotoxique et reprotoxique, une intoxication à l'hexane peut être reconnue comme maladie professionnelle en France[1], les principaux travaux susceptibles de provoquer cette maladie étant les travaux de collage avec des produits contenant de l'hexane, notamment sur cuir ou matières plastiques.

La dangerosité de l'hexane est découverte au milieu des années 1960. Des ouvriers et ouvrières japonais, italiens puis français, travaillant dans la maroquinerie et utilisant des colles à base d'hexane développent de graves neuropathies. « Ces neuropathies pouvaient atteindre à la fois leur système optique, leurs yeux, c'est-à-dire qu'elles y voyaient mal, elles laissaient tomber les objets »[2].

137 ouvriers travaillant pour Wintek (en) à Suzhou en Chine, sous-traitant Taïwanais entre autres d'Apple, sont intoxiqués au n-hexane en 2009[3]. Quatre en seraient morts[4].

Cette molécule peut être métabolisée en une autre molécule, la 2,5-hexanédione (en).

La toxicité de l’hexane par inhalation est documentée par certaines études toxicologiques. Dans une fiche publiée en juillet 2025, l’Académie d’Agriculture de France rappelle qu’il n’est pas possible « d’extrapoler les données d’effets toxiques par inhalation à des effets par ingestion » . L’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) a engagé en mai 2025 une réévaluation de la réglementation européenne sur l’utilisation d’hexane. Ces travaux doivent aboutir en novembre 2027. Ils permettront de compléter et d’actualiser les connaissances disponibles sur les effets d’une exposition à l’hexane par ingestion.

Usage industriel : auxiliaire technologique d’extraction des huiles végétales

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L'hexane est couramment utilisé par l'agroindustrie en tant qu'auxiliaire technologique pour extraire des huiles végétales, de matières premières agricoles comme les graines de colza, de soja ou de tournesol. Les tourteaux obtenus, riches en protéines, sont valorisés comme aliments pour le bétail mais peuvent contenir des résidus d'hexane. C'est ainsi qu'on retrouve des traces d’hexane par exemple dans les huiles de table, mais aussi dans des produits d'origine animale comme le beurre, le lait, ou la viande de poulet[5]. Le statut d’auxiliaire technologique implique que les résidus d’hexane éventuels, techniquement inévitables, sont autorisés et encadrés par des Limites Maximales de Résidus (LMR) à condition que ces traces n’induisent aucun risque sanitaire et n’exercent aucun effet technologique sur le produit fini. Les LMR sont définies et fixées par la réglementation européenne.

En , l'EFSA publie un rapport appelant à une réévaluation de la sécurité de l'utilisation de la molécule comme solvant d'extraction dans la production alimentaire. Une évaluation est conduite depuis avec un avis scientifique qui sera rendu d’ici fin . Cette réévaluation a été demandée par la Commission européenne, à l’initiative du cabinet d’avocats Food Law Science & Partners, agissant pour le compte d’une entreprise qui propose un nouveau solvant concurrent de l’hexane[6].

Lors d’une enquête publiée en , la Cellule Investigation de Radio France a rapporté des résultats d’analyses menées par le laboratoire de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) sur 54 produits. Selon ces résultats, 25 produits présentaient des résidus d’hexane. Aucune concentration mesurée ne dépassait la limite réglementaire de 1 mg/kg fixée par la législation européenne. Les analyses de ce laboratoire mettaient en évidence des présences d’hexane dans des produits bio, alors que la réglementation bio interdit l’usage de l’hexane[7].

En 2025, l'ONG Greenpeace commandite une campagne de tests auprès du centre commun de mesures de l’Université du Littoral-Côte-d'Opale (ULCO) sur l'hexane : sur 56 produits alimentaires analysés, 36 contenaient des résidus d'hexane. Aucune concentration mesurée ne dépassait la limite réglementaire de 1 mg/kg fixée par la législation européenne[8].

En , dans le cadre d’une enquête publiée par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, l’association a fait réaliser par des laboratoires accrédités des tests portant sur 32 références (huiles, margarines, pâtes à tartiner, laits infantiles et steaks de soja). La présence d’hexane n’a été détectée, et à très faibles concentrations, que dans une huile de sésame importée de Chine et dans une huile de colza issue de l’agriculture biologique[6].

Selon cette même enquête, les analyses publiées en par Radio France soulèvent des interrogations : d’une part, elles rapportent la présence de résidus d’hexane dans l’ensemble des huiles d’olive et des huiles biologiques testées ; d’autre part, les tests ont été réalisés par le laboratoire de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO), qui ne dispose pas d’une accréditation du COFRAC pour ce type d’essais. L’UFC-Que Choisir indique en outre que le laboratoire ULCO déclare utiliser une méthode spécifique d’analyse non validée par un organisme indépendant[6].

Par ailleurs, l'UFC-Que Choisir souligne que certaines études critiques à l’égard de l’hexane présentent de possibles conflits d’intérêts en raison de leurs liens avec la société EcoXtract, qui propose un solvant concurrent. L’association indique que l’une de ces études a été financée par EcoXtract, tandis que l’autre a été réalisée par des auteurs impliqués dans le développement de ce solvant. Elle relève également qu’aucun de ces auteurs ne serait spécialiste des effets toxiques sur la santé. L’UFC Que Choisir conclut que les interrogations sur l’usage alimentaire de l’hexane relèveraient davantage d’un enjeu économique que d’une question sanitaire[9].

Accident industriel

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En 2018, des vapeurs d'hexane provoquent une explosion puis un incendie à l'usine d'extraction d'huiles végétales Saipol de Dieppe. Deux salariés de la Société normande d’assainissement et de dépollution (SNAD) sont tués[10].

Bibliographie

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Émissions radiophoniques

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Notes et références

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  1. « RG 59. Tableau - Tableaux des maladies professionnelles », sur Institut national de recherche et de sécurité (consulté le ).
  2. « De l'essence dans nos assiettes », sur France Inter, (consulté le ).
  3. « Un nouveau scandale frappe Apple en Chine », Le Parisien, (lire en ligne).
  4. « Workers protest over pay, toxic chemicals », sur China Daily (consulté le ).
  5. « Agroalimentaire : "L'hexane constitue un secret de Polichinelle", alerte Guillaume Coudray, journaliste d'investigation, dans son enquête "De l'essence dans nos assiettes" », sur France Info, (consulté le ).
  6. 1 2 3 « Scandale de l’hexane - À qui profite le buzz ? - Enquête - UFC-Que Choisir », sur www.quechoisir.org, (consulté le )
  7. Cellule investigation de Radio France, « L’hexane : un résidu d’essence bien présent dans nos assiettes », sur France Inter, (consulté le )
  8. Anne-Laure Barret, « Il y a un énorme problème de transparence sur l'hexane », sur Libération, (consulté le )
  9. « Scandale de l’hexane - À qui profite le buzz ? - Enquête - UFC-Que Choisir », sur www.quechoisir.org, (consulté le )
  10. « Explosion de l’usine Saipol à Dieppe en 2018 : des amendes de 150 000 € et 200 000 € requises », sur Ouest France avec AFP, (consulté le )

Liens externes

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