close
Aller au contenu

Desmond Dekker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Desmond Dekker
Description de cette image, également commentée ci-après
Desmond Dekker in 2005.
Informations générales
Surnom Desmond Dekker
Nom de naissance Desmond Adolphus Dacres
Naissance
Décès (à 64 ans)
Thornton Heath, Grand Londres, Angleterre
Activité principale Chanteur
Genre musical Reggae, rocksteady, ska
Années actives 1967-2006
Labels Trojan Records
Site officiel desmonddekker.com

Desmond Adolphus Dacres alias Desmond Dekker, né le à Kingston (Jamaïque) et décédé le à Thornton Heath (Angleterre), était un chanteur et un compositeur de reggae et de ska.

Desmond Dekker est l'un des premiers chanteurs jamaïcains connus en dehors de son pays. Avec son groupe The Aces, composé de Wilson James et Easton Barrington Howard, il a sorti le premier hit jamaïcain connu internationalement Israelites enregistré chez Leslie Kong’s Beverley Records.

Jeunesse et formation (1941-1961)

[modifier | modifier le code]

Desmond Adolphus Dacres naît le à Saint Andrew, dans la banlieue de Kingston[1]. À la mort prématurée de sa mère, son père l'envoie vivre chez des proches à Seaforth, dans la paroisse de Saint Thomas, où il commence à chanter du gospel à l'église locale[1]. Il achève sa formation musicale à l'Alpha Boys' School de South Camp Road à Kingston, sous la direction de sœur Mary Ignatius Davies[1].

À la sortie de l'école, il devient apprenti tailleur, puis travaille comme soudeur chez Standard Engineering, où ses collègues, parmi lesquels le jeune Bob Marley, encouragent ses talents de chanteur[1],[2]. Il fréquente par ailleurs les sound systems de Maxfield Road[1]. Il situe l'origine de sa vocation musicale dans son enfance, après avoir entendu Stardust interprété par Nat King Cole[2]. Ses goûts musicaux se forment au contact du R&B et de la soul américains, notamment Otis Redding, Ray Charles, Count Basie, James Brown, Curtis Mayfield, Jackie Wilson et Louis Armstrong[2].

Débuts chez Beverley's Records (1961-1965)

[modifier | modifier le code]

En 1961, après des auditions infructueuses chez Clement Dodd au Studio One et chez Duke Reid à Treasure Isle, Dekker se présente chez Beverley's Records, le label du producteur sino-jamaïcain Leslie Kong, où il est auditionné par Derrick Morgan, qui assure alors les auditions du label aux côtés de Kong[1],[3]. Il y travaille pendant environ deux ans comme choriste de Morgan[3].

C'est également chez Beverley's qu'il rencontre Bob Marley, venu auditionner avec Judge Not[3].

En 1963, il enregistre aux Federal Studios son premier single, Honour Your Mother and Father[1]. Le titre se classe en tête des ventes locales et est suivi notamment par Parents, Dracula et Labour for Learning[1]. À partir du milieu des années 1960, il enregistre avec les Cherry Pies et connaît un succès avec King of Ska, qui contribue à le faire connaître[1]. Il forme ensuite son propre groupe vocal, The Aces, composé notamment de Wilson James et Easton Barrington Howard[4].

Succès international et période rude boy (1966-1969)

[modifier | modifier le code]

Influencée par la culture rude boy, sa production atteint un public international avec 007 (Shanty Town) en 1967, qui entre dans les classements britanniques et américains[4]. La chanson se distingue notamment par ses références à James Bond et au film Ocean's Eleven avec Frank Sinatra[4]. Elle rencontre un écho particulier au Royaume-Uni, notamment auprès du mouvement skinhead[1].

Selon Heather Augustyn, lors d'un séjour au Royaume-Uni en 1967, sa maison de disques anglaise Creole lui offre un costume sur mesure dont il raccourcit lui-même les jambes de quelques pouces. Le détail, repéré par les jeunes du public qui l'imitent, contribue à fixer la mode du pantalon roulé caractéristique des skinheads[5].

En 1968, après plusieurs succès, il enregistre Israelites, initialement intitulé Poor Me Israelites[1]. La chanson, écrite à Kingston, évoque les difficultés sociales en Jamaïque[2]. En , elle devient l'un des premiers titres reggae jamaïcains à entrer dans le top 10 britannique et américain[1].

Dekker décrit son approche comme celle d'un « newscaster », écrivant des chansons inspirées de la vie quotidienne[2].

Le succès d’Israelites contribue à la reconnaissance internationale du reggae et ouvre la voie à des artistes comme Jimmy Cliff et Bob Marley[1]. La chanson connaît également un écho dans la culture populaire britannique. Paul McCartney mentionne nommément Dekker dans le vers d'ouverture d'Ob-La-Di, Ob-La-Da, sur l'Album blanc des Beatles (1968)[1].

Installation au Royaume-Uni et années 1970

[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, Dekker s'installe au Royaume-Uni[6]. En 1970, sa reprise de You can get it if you really want de Jimmy Cliff atteint la deuxième place des classements britanniques[6]. Après la mort de Leslie Kong en 1971, son activité discographique ralentit, bien qu'il continue à se produire régulièrement en concert[6].

À la fin des années 1970, il signe avec Stiff Records et enregistre Black and Dekker (1980), puis Compass Point (1981)[6]. Ces albums ne rencontrent pas de succès commercial notable, et il déclare faillite en 1984[6].

Dernières années (1990-2006)

[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, l'utilisation d’Israelites dans une publicité pour les cassettes Maxell contribue à renouveler sa notoriété[6]. En 1992, il publie l'album King of Kings avec le groupe de ska revival The Specials[6], et enregistre en 2005 une nouvelle version reggae d'Israelites avec Apache Indian[6].

Il continue à se produire sur scène jusqu'en 2006. Son dernier concert a lieu le à l'université de Leeds[6]. Il meurt le à Thornton Heath, dans le Surrey, des suites d'un arrêt cardiaque[6].

Marié puis divorcé, il laisse deux enfants, Desrene Theresa et Desmond[6].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Barker 2013, p. 282.
  2. 1 2 3 4 5 Stewart 2006.
  3. 1 2 3 Augustyn 2010, p. 19.
  4. 1 2 3 Barrow et Dalton 2001, p. 65.
  5. Augustyn 2010, p. 62.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 Barker 2013, p. 283.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • (en) Steve Barker, « Dacres, Desmond Adolphus [known as Desmond Dekker] », dans Oxford Dictionary of National Biography 2005-2008, Oxford University Press, , p. 282-283. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Heather Augustyn, Ska : An Oral History, Jefferson (Caroline du Nord), McFarland & Company, , 235 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Jocelyn Y. Stewart, « Desmond Dekker: Singer and Songwriter Took Ska Beyond Jamaica With His 'Israelites' », Los Angeles Times, , B17. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lianne Gutcher, « Heart attack kills Israelites star Desmond Dekker at 64 », The Scotsman, Édimbourg, , p. 11. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Steve Barrow et Peter Dalton, The Rough Guide to Reggae, Londres, Rough Guides, , 2e éd. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

[modifier | modifier le code]