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YVES DERMÈZE, LE ROI DE L'AVENTURE

BERJAYA
Si il y eu, en France, un grand spécialiste de la littérature d'aventure et d'action, de la littérature pour garçons qui distrait et fait rêver, de la littérature trépidante et consommable en moins de 2 petites heures dans un fauteuil, ce fut sans aucun doute Yves Dermèze.
De son vrai nom Paul Bérato, Dermèze débuta dans les années 40 avec des feuilletons exotiques et mystérieux publiés dans Coq Hardi ou le journal de Mickey. Il s'essaya parallèlement au roman policier classique et à la romance pour tous puis trébucha enfin sur la littérature d'espionnage.

Début 50, on l'aperçoit ainsi aux éditions Jacquier, collection La Loupe Espionnage avec les aventures du Grand Mec puis, en 56, et alors qu'il vient de donner successivement deux chef-d'œuvres à la SF Française (Le Titan de L'Espace et Via Velpa, tout deux publiés par les éditions Métal en Série 2000), il entre à la S.E.G., petite maison spécialisée dans le petit format - ces livres extrêmement fragiles, constitués de trois cahiers de 16 feuillets à la consistance d'un papier toilette premier prix et agrafés à une couverture légèrement glacée. Une illustration criarde figure en dessous du logo de la collection : 078 Service Secret.
S'en suivront alors, pour Dermèze, et jusqu'à la fin des années 60, une bonne soixante-dizaine de romans - et cela, uniquement dans le genre de l'espionnage. À coté, Bérato poursuit son œuvre dans la littérature d'aventure au sens large.
Il passe de la SF aux récits de cape et d'épée sans sourciller.

Ce n'est pas un homme, ce gars-là, c'est une machine !
On comprend aisément qu'il eut fasciné Michel Jeury, lorsque ce dernier, tout jeunot, aspirait à la profession d'écrivain du merveilleux.

"Paul Bérato-Dermèze habitait en Lot-et-Garonne comme moi ! Mes parents exploitaient une petite métairie dans l'extrême nord du département… Je n'ai pas pensé tout de suite que je pourrais lui rendre visite. Je digérais lentement cette chose ahurissante : on pouvait être un romancier d'aventures et habiter en Lot-et-Garonne. Cela semblait incroyable. Mais tous les espoirs m'étaient permis. Ma vocation date peut-être de ce choc…"
Michel Jeury, entretien uchronique paru dans Opzone # 1, 1979

BERJAYABERJAYAMais revenons-en à l'espionnage. De 56 à 61, Bérato allonge du texte sous le pseudonyme de Francis Richard. L'année suivante, il se fixe définitivement sur celui d'Yves Dermèze.
À cette époque, la littérature d'agents secrets truste le marché du divertissement. La concurrence se fait rude sur le secteur et La S.E.G. abandonne alors le fascicule jetable, bien trop démodé, pour le livre de poche. Le nombre de feuillets augmente, la couverture se retrouve imprimée sur du carton souple mais l'illustration tapageuse demeure.
Certaines recettes ne changent pas.

Comme les autres auteurs turbinant dans le genre, Dermèze se crée un héros récurrent, quelque chose d'aussi emblématique que de transparent.
Il lui donne le nom d'Archibald Cartier, le fait travailler pour une branche de la C.I.A. dirigée par un certain Mr Smith. Rien ne distinguera cet espion de ses collègues super-stars si ce n'est que, écrit par Dermèze, sa lecture est mille fois plus passionnante qu'un OSS 117 ou un Francis Coplan lambda.
Bien entendu, les affaires sont routinières. D'un auteur à l'autre, nos hommes de l'ombre se démènent continuellement dans des intrigues aux ficelles identiques.
Ainsi, selon l'humeur du moment, Cartier doit protéger un scientifique, démasquer un traitre, récupérer une formule secrète ou bien encore empêcher une nation ennemie de déclencher une nouvelle guerre mondiale.

Ce qui fait la différence ? Le rythme auquel ces exploits sont narrés. Climax à chaque fin de chapitre et renouvellement constant de l'action et des enjeux.
Si il existe une idée qui résume parfaitement l'art de l'écriture chez Dermèze, ce serait celle du mouvement perpétuel. Ses personnages se courent les uns après les autres jusqu'à épuisement (de l'espace d'impression) et l'histoire s'en trouve parfois réduite à une seule et unique poursuite de 200 pages.
Chasse à l'homme ou course contre la montre.
C'est la fuite en avant, la fuite vers l'aventure.

Toute l'œuvre de Bérato-Dermèze est bâtie sur cette notion, ne laissant à aucune des parties investies dans son déroulement (auteur, lecteur, protagonistes) le temps de récupérer son souffle.

Et c'est bien cela qui constitue la grande force de Dermèze, artisan aussi solide que sublime du récit d'aventure : il roule vite et ne s'arrête jamais. L'intrigue est une route, les incohérences des nids de poule. À la vitesse à laquelle il va, ne se ressentent alors plus que quelques légers cahots.
Et tout le reste n'est qu'illusion de grand spectacle, un tableau d'automates à la mécanique aussi bien huilée que parfaitement saisissante, la littérature d'évasion dans toute sa splendeur.

OSS 117 / COMICS POCKET / AREDIT

BERJAYABERJAYA
Encore ? Ben oui... désolé pour ceuzes qui y font une allergie... mais moi, j'aime bien l'action, le suspense, les aventures internationales et les jolies filles.
Surtout les jolies filles.
Et puis j'aime bien aussi oublier mes soucis quotidiens et m'évader (mais pas trop loin du réfrigérateur, tout de même - because c'est là que je camoufle mes packs de bières premier prix...)
Et enfin, je me disais, mon p'tit robo, puisque t'as commencé à en poster hier, du comics pocket, autant continuer et liquider une bonne fois pour toute ton stock d'Hubert-Bonisseries d'la Bath en Arédit.
Voici donc les couvertures aux numéros # 2, # 4 et # 7. Couvertures très probablement issues de la production 'giallesque' transalpine : on y reconnait la maquette (fond noir cercle rouge) de la mythique collection Segretissimo, lancée au tout début des années 60 par... des traductions en italien des romans OSS 117 !
Par la suite de nombreux autres romans d'espionnage Français y furent importés. On peut ainsi y dénicher du Roger Vlatimo, du Paul Kenny, du André Caroff, du Maxime Delamare, du Richard Caron, du Gerard de Villiers... et même du Jean-Patrick Manchette, alors camouflé sous le pseudo-porno de Sylvette Cabrisseau, l'ex speakerine des Antilles devenue super-espionne de papier !
BERJAYABERJAYABERJAYA

BERJAYABERJAYABERJAYA

OSS 117 # 33 [1972, ARTIMA / AREDIT]

BERJAYA
En dehors des sublimes première et quatrième de couverture, rien de bien excitant à signaler dans ce récit illustré des aventures d'Hubert Bonisseur de la Bath, agent OSS 117 de la C.I.A. Le dessinateur (anonyme ?) se débrouille un peu mieux que la grosse moyenne de ses confrères œuvrant dans le genre mais on est très loin du Huescar de Coplan # 8.
Voila qui est fort triste.
Observons néanmoins la neuvième planche du récit, assez crétine dans son déroulement...
BERJAYABERJAYA
...ah oui, en effet !
Ça, c'est bien crétin ! Ou comme le dit le futur défunt en clamsant, case numéro 2 : "c'est vraiment con, vraiment trop con..."

Maintenant, si quelqu'un pouvait m'expliquer ce que notre larron homicidaire magouille dans la poche du gniard qu'il vient d'exécuter, et pourquoi il n'arrive pas à sortir sa pogne de la zone incriminée tandis que la gertrude insultée dans sa douleur se masque chastement le visage de sa frêle menotte, eh bien...
je lui en saurai gré !
BERJAYA
(Notice : ce post constitue un petit interlude au mois de l'espionnage sur le MFPE. Les prochains billets concerneront H.T. Perkins, Larry Douglas (alias Baudouin Chailley), les éditions de l'Arabesque, Yves Dermeze et le Fleuve Noir...)

LE MÉDIOCRE, CE N'EST PAS SI MAL...

BERJAYAGRACIAS GRINGO !, HENRY LEWIS
PRESSES NOIRES ESPIONNAGE # 162, 1968

Selon une source aussi infaillible qu'essentielle (le forum À propos de littérature populaire), derrière le pseudonyme d'Henry Lewis se cache Henri Trémesaigues, écrivain Coursannais plus connu sous l'alias d'H.T. Perkins. À la lecture de ce Gracias Gringo, le doute n'est d'ailleurs jamais vraiment permis. On le reconnaitrait entre mille : c'est bien son style alimentaire aux tournures tragiquement peu alimentées qui sévit tout le long de ces 220 pages.
Car l'homme noircit ses feuillets d'une façon toute économique. On est très proche du synopsis de bande dessinée dépouillé de toute préciosité comme de ses plus simples artifices.
La prose est grossiere, brute, sans grâce ni intérêt. Sujet verbe compliment est le cocktail favori de notre auteur. Pourquoi faire compliqué lorsqu'on s'adresse à des simples d'esprit ?
Tout au plus rajoute-t-il de-ci de-là quelques éléments de syntagme en guise d'accompagnement, quelques fioritures lexicales plus utilitaires que décoratives. Pour reprendre l'analogie avec la BD, si l'écriture est l'équivalent du trait, alors Henri Trémesaigues dessine du petit-format importé d'Italie et publié à l'emporte-pièce par André Guerber et ses potes.


Étonnant, du coup, de remarquer qu'il fut grand ami avec Roger Maury, allant même jusqu'à collaborer avec ce dernier sous le pseudo de Henri Trey.
Pareille combinaison laisse rêveur. Trémesaigues, le grossiste de la phrase en kit et Maury, le besogneux Toulousain qui tressait à la truelle d'insensés romans d'espionnage aux envolées (forcement) lyriques et aux images pataudes. L'un se voyait en Lamartine du gare et l'autre usinait tranquillement en mode télégraphique.
Les deux extrêmes du spectre populaire bas de gamme...

Mais ne nous égarons pas. Nous recauserons de Trémesaigues (et de sa clique) très prochainement. En attendant, revenons-en au bouquin du jour.

Dans Gracias Gringo, le héros se nomme Richard Beaumont, agent au service du A.A.A., un sub-bureau ultra-secret de la C.I.A.
Le nom de code de notre homme ? Agent 0777.
"Un matricule de robot attribué par un ordinateur [...]
0 notait le sens de la morale de l'agent.
7 son aptitude aux différents sports de combat et à la survie dans des conditions determinées...
7 son intelligence, son sens des possibilités, sa confiance en soi...
7 sa notion d'homme libre, son attachement à sa patrie et à son idéal..."
Doté d'un quart de sang Français et propriétaire d'une riche demeure sudiste (entourée de champs de cotons dans lesquels des noirs très 'banania-style' s'activent), 0777 est l'agent numéro UNO de son service.
Dans cet épisode, le dernier de sa série, il est envoyé à Cuba. Sa mission ? Sauver la couenne du père Castro qu'une bande de vils arrivistes instrumentalisés par Pékin aimerait bien trouer. Le plan de nos gugusses est hyper-machiavélique, le héros patauge dans les grandes largeurs, l'auteur narre nonchalamment et le lecteur trouve le temps un peu long.

Gracias Gringo, ce n'est ni plus ni moins que de la lecture facile pour dimanches gueule de bois. On notera quelques (rares) apparitions d'une jeune et jolie espionne dotée d'une "opulente poitrine qui gonflait [ses robes] à la limite de l'éclatement" et un final qui rejoue l'assassinat de Kennedy à la sauce cubaine.
En bref : c'est du Henri Trémesaigues typique, ni trop inspiré ni trop ennuyeux.
La routine
, en quelque sorte.



LBERJAYAES FEUX DE SAINT-JEAN, JEAN CLERC
PRESSES NOIRES ESPIONNAGE # 165, 1969

Mais - il faut bien le reconnaitre - la routine n'est pas foncièrement une mauvaise chose. Surtout dans un genre tel que l'espionnage, trop souvent embourbé dans des romans au style balourd et dont les intrigues incompréhensibles peinent à impliquer sur plus de quelques lignes un hypothétique lecteur.
Par exemple, ce bouquin enfourné dans la foulée : Les Feux de Saint-Jean, signé d'un certain Jean Clerc.
Recit grotesque, écriture surchargée.
Un communiste toulonnais projète de faire sauter un sous-marin atomique US stationnant dans la rade. Le héros, Saint-Jean, mi-flic mi-militaire, est lancé à ses trousses.
"Je voudrais bien que nous mettions la main sur le fils de tante qui mijote un pareil projet " grince-t-il en page 37.
De son coté, l'auteur expérimente les fonctions 'MAJUSCULE' et 'italique' de sa machine à chier du texte.

Confronté à pareil régime (corps du texte formaté en depis du bon sens et intrigue soporifique), il est impossible de tenir plus de 40 pages.
J'opère donc ma lecture en mode 'sauts intempestifs de pages' avant de la terminer, sans remords ni pitié, par quelques 'sauts intégraux de chapitres' - ce qui ne m'a pas empêché le moins du monde de gouter pleinement aux tenants et aboutissants de cette aventure passionnante.


Ainsi, chapitre 8, le communiste et ses potes du syndic', une belle brochette de salopards, mettent la main sur un laser acoustique, l'arme ultime pour TOUT FAIRE PÉTER.
Chapitre 9, le coco meurt, doublé par ses potes. Par ailleurs, je me rends compte que ce roman est encore plus chiant que du Service Action. C'est dire le désastre. Je ne pensais pas tel exploit possible.
S'en suivent donc quelques nouveaux sauts de chapitres. Heureusement pour moi, les dernières pages sont en vue. Les méchants marxo-russkoffs se font dessouder dans les rues de Toulon par les gentils espionno-flics et l'auteur nous révèle enfin que le chef du réseau sovieto-vilains, c'est en fait le gonze sexuellement impuissant entrevu lors du chapitre 11.
Voila qui me fait une belle paire de gambettes. Voila surtout qui me permet de relativiser. Car comparé à cette bouillie innommable, le Henry Lewis était vachement génial !

Et c'est un peu ça, l'espionnage populaire français des petites collections sixties. La médiocrité y est constamment réévaluée à l'aune des ratages absolus qui, semble-t-il, caractérisaient majoritairement sa folle production industrielle.

UN ESPION POUR POUPOULE

BERJAYALORDLING, DU F.B.I., ALAIN MONTBLOY
LA FLAMME D'OR / MISSIONS SECRÈTES # 5, 1952

L'espion du jour est une vraie gonzesse. Un ramolli du bulbe. Un faiblard intégral. Parole d'homme !
Il a pourtant fière allure, le Alan Lordling, agent du F.B.I., sur cette belle couverture peinte par le grand Jef de Wulf mais sous la plume d'Alain Montbloy, c'est une toute autre affaire.

"Écoute Alan, on t'aime bien, on est prêt à tout pour toi, mais écoute, dans cette histoire, on ne peut te suivre," lui disent ses potes du service pendant un repas à la cantine.
Alan, lui, il est buté, il n'écoute pas. Il a une idée en tête. Un truc propre à tenir le lecteur en haleine 180 pages durant. Il veut venger Peter Straker, son collègue, retrouvé mort en Tunisie et coupable d'avoir trahi (contre son gré) le bureau fédéral d'investigation.
"Je sens qu'il y a dans toute cette histoire quelque chose de pas clair, quelque chose de pas rond. Pour vous, tout paraît lumineux parce que vous ne connaissez pas Peter comme moi," répond-il aux sceptiques avec qui il se tape la cloche.
Et le voila parti pour la France, dernière destination connue de Straker.

C'est à Cannes qu'il retrouvera les assassins de son ami, un couple d'agents troubles camouflés en riches oisifs de la Croisette. Nous sommes quasiment au mitam du roman et un plan germe alors dans le crâne de notre héros. Pas de bol pour nous, son plan est aussi excitant qu'une liste de course un samedi après midi à Carrouf'.
On s'attendait à une vengeance âpre et sanglante, pleine de bruit et de fureur, mais on a tout faux sur toute la ligne et la suite du bouquin se résume alors à 100 pages d'une infiltration de la bande adverse à coup de soirées mondaines, de thés dansants, de promenades bucoliques sous les mimosas en fleurs et de divers autres marivaudages de la même espèce.
PAS D'ACTION, PAS D'BASTON, PAS D'SEXE !
Autant dire qu'on s'y emmerde copieusement le coquillard, dans ces parages, et quelque chose de duraille. On regarde voler les mouches.
En page 80, le temps de quelques signes, on se réactive la ciboulette. L'auteur fait référence à Georgius, ce chansonnier populaire qui, sous ce nom ou sous celui de Jo Barnais (dit Jo-le-Baryton), signa au cours des années 50 un jolie poignée de polars à l'argomuche rigolard en Série Noire.
A part ça, rien à signaler, c'est du circulez, y'a rien à lire. Lordling tombe amoureux de deux femmes, la vamp et la fille bien. La première meurt à la fin d'un balle dans le cœur et la seconde console alors notre héros qui chiale comme une putain de greluche.
Les amatrices de romances Harlequin, Nous Deux, Delphine, Rivages, Toi & Moi, Muriel, Turquoise, Médaillon et compagnie seront aux anges, les petiotes.
Ça se termine même par un "la mer toute bleue qui miroitait dans le soleil."

L'auteur devait être sacrement allumé pour opérer pareille substitution.
En tout cas, je ne vois pas de meilleure conclusion abrupte à cette explication possible.

RIEN À SAUVER ... SAUF LA COUV' !

BERJAYA
Forcement. C'est du Jordi Longaron. Ses peintures constituent la moitié du plaisir distillé par les romans Gerfaut / Espionnage Sélection de 1967 à 1969.
Par contre, dans le cas de La Gorgone De Corfou, c'est pas d'chance. L'autre moitié fait cruellement défaut.
Texte chiant. Très très chiant. Et du mauvais Gerfaut, pourtant, j'en ai lu. Mais ce volume-là (le #18) bat tous les records.

"C'est un labyrinthe inextricable de coups fourrés, de subversion et d'espionnage où tous les intérêts se mêlent et se contredisent."
C'est surtout 220 pages d'ennui total avec pour héros un crétin fini qui joue à l'espion international sur son bateau de pêche minable.
Pierre Dron, qu'il s'appelle. Exactement comme l'auteur. D'ailleurs, c'est scribouillé à la première personne. Son nom de code ? Il n'en a pas. C'est dire la misère dans laquelle il nage. Dans les années 60, un agent secret sans nom de code est un type mal parti dans la vie.
Surnommons-le donc Pine D'Huitre, ça lui va comme un gant en caoutchouc.

A part ça, nous retiendrons qu'en page 50, il se cuisine " un délicieux cassoulet " et que des pages 188 à 189, il fesse jusqu'à l'essoufflement une espionne russe callipyge.
Heureusement que je suis là pour te raconter tous ces trucs passionnants, n'est-ce pas ?

X.13 A LA BARAKA

BERJAYASILENCE, CLINIQUE !, EDDY GHILAIN
ROBERT LAFFONT / AGENT SECRET # 23, 1965

Il est toujours étonnant de remarquer comment certains romans, à l'apparence anodine, peuvent prendre par les sentiments dès le premier paragraphe, simplement en combinant quelques images fortes.
Par exemple :
"L'homme sorti de sa poche une grenade qu'il dégoupilla, puis il s'avança dans la travée centrale, vers le poste de pilotage. Il avait une tête de robot humain : casque de parachutiste, lunettes rigoureusement ajustées et inhalateur d'oxygène, prolongé de son boudin de caoutchouc noir."
Deux phrases et j'étais absorbé. Elles sont pourtant purement utilitaires, ces deux phrases, mais elles concentrent en quelques lignes une bienheureuse double promesse, celle de l'action (la grenade dégoupillée) et celle de la modernité (la tête de robot humain).
La suite ne failli pas à mes attentes. Et pourtant, j'en avais des attentes, au sujet de ce Silence, Clinique ! Car je le recherchais depuis un certain temps, ce bouquin, attiré à la fois par le fait qu'il connu une adaptation cinématographique franco-italienne (Baraka sur X13, par Maurice Cloche et avec Gérard Barray, 1965) et par la personnalité de son auteur, Eddy Ghilain, scénariste et metteur en scène dans les années 50 de pièces pour le théâtre du Grand Guignol.
On lui doit entre autre ces titres aussi fascinants qu'alléchants que sont L'École du Strip-Tease, Le Cercueil Flottant, Le Saut de la Mort, La Mort qui Tue, La Rage au Ventre, La Violeuse, Les Blousons Sanglants ou encore Les Coupeurs de Têtes - sur l'affiche de ce dernier, on peut lire : "perdus dans l'enfer vert, drame de la jungle en 2 actes et 3 tableaux. "

On salive sur ces choses que l'on ne connaîtra jamais...

Mais revenons-en à Silence, Clinique ! Intrigue simple mais tendue. Une caravelle disparaît en plein vol, un scientifique manque d'y être liquidé et des documents secrets sont convoités par des puissances ennemies. Pour les services secrets Français, il est temps d'envoyer un super-agent démêler l'écheveau de cette satanée affaire.
Le super-agent en question, ce sera Serge Vadil, dit X.13. "Il avait du cran et aussi de la chance, et il s'était haussé au tout premier rang des agents secrets."
Il retrouve la trace de l'avion, sauve le scientifique puis lui sert de garde du corps. Sur les deux tiers de sa longueur, l'intrigue se retrouve alors concentré en un lieu unique, une clinique enneigée dans les Alpes Suisses, près de Berne.
Le décors est original, bien rendu et savamment exploité. Comme de bien entendu, la clinique se
révèle être un nid d'espion. Russes, Américains, Chinois, le tiercé gagnant... et les Français en d'Artagnan, tout aussi brutaux que leurs ennemis.
L'intérêt de la nation prime sur l'individu. Ghilain et ses personnages ne font pas dans les bons sentiments et Silence, Clinique ! se retrouve à nager entre la sécheresse d'un Donald Hamilton privé de ses bons mots et
l'austérité d'un Roland Piguet, mais en bien plus énergique. Cocktail frustre dans lequel, étonnamment, s'immisce par deux fois l'amour en la personne de Mania, la belle infirmière suisse, et de l'agent B.13, incurable romantique, véritable tragédienne fleur bleue.
Quant à ceux qui se plaindraient du manque d'action spectaculaire, le chapitre 13 est là pour mettre les choses au point, rappelant le temps de quelques pages que le théâtre du Grand Guignol ne se refusait aucun excès.
"À la vitesse d'un éclair, un revers de pelle lui fit sauter la tête. Le sang jailli du cou tranché, comme d'un tuyau d'arrosage."
Notons, avant de conclure, que les intitulés des chapitres participent grandement au plaisir de la lecture. La mort aussi à son parfum, Le loup dans la bergerie, Une mise sur deux tableaux, Le jeu de la mort et du hasard, S'aimer à en crever, On devrait toujours prévoir l'imprévu... autant de titres énigmatiques appelant à de petites pièces fictives et renforçant l'effet de tension. Eddy Ghilain, assurément, a du métier. Tombé entre les mains de n'importe quel autre auteur d'espionnage, son roman aurait tout juste transpiré la banalité, l'ennui, la routine. Lui a l'art de captiver à moindre frais.
Du tout cuit, certes, mais du saignant !
L'année suivant Silence, Clinique !, Eddy Ghilan publia son second roman, un polar en Série Noire, L'Homme au Chien, puis fit silence radio.
C'est regrettable.
X.13
méritait bien d'autres aventures...

L'ESPION, LES COW-BOYS ET LA SOUCOUPE VOLANTE

BERJAYASTOP ! DESTRUCTION IMMÉDIATE, F-P BELINDA
LA LOUPE ESPIONNAGE # 6, 1953

Ouvrons ce mois de l'espionnage par un morceau de choix, quelque chose de pas ordinaire du tout, quelque chose d'aussi stupide qu'hors normes : un roman de Frank-Peter Belinda. Et pas n'importe lequel.
Stop ! Destruction Immédiate, l'une des toutes premières aventures du colonel John Kallum, agent secret R.30, et au sujet duquel l'éditeur écrit, dans une quatrième de couverture laudative jusqu'à l'excès :

"John Kallum vous plaira, Mesdames, parce qu'il incarne celui que vous attendez : dur en même temps que sensible, séduisant, volontaire, résistant et charmeur. Et vous, Messieurs, vous l'aimerez pour ses qualités, mais encore pour ses réflexes prompts de bagarreurs et de tireur hors ligne."
Et de conclure, quelques lignes plus bas :
"De minute en minute vous vivrez les aventures de STOP ! DESTRUCTION IMMÉDIATE au point d'en être imprégné jusqu'au plus profond de vous-même."
IMPRÉGNÉ JUSQU'AU PLUS PROFOND DE TOI-MÊME ! Avoues que ça fait envie.
Mais l'éditeur et ta femme ne sont pas les seuls à se pâmer à la simple lecture du nom de John Kallum. Il y a aussi l'auteur, Frankie Frankie, le Liegeois fou de l'espionnage bas de gamme.
Son héros, c'est bien simple, il n'en peut plus. Il l'a dans la peau, il le transpire par tous les pores et il s'en tartine des tonnes sur l'underwood.

N'y allons pas par quatre chemins. Les aventures de R-30, c'est l'hagiographie de John Kallum. Des pages et des pages de descriptions extatiques concernant sa " mâchoire puissante " et sa " force insoupçonnée." Éloge intarissable de ce " vrai dur " doté d'une " beauté mâle " - Frankie ira même jusqu'à écrire, page 25, " beau comme on en voyait rarement, avec ses cheveux noirs et ses yeux sombres cachés sous des arcades où l'on décelait la franchise et l'audace."
À ce moment précis, l'auteur est tout juste lancé. Son marathon panégyrique a encore 125 pages devant lui pour atteindre à la plénitude du n'importe quoi. Et Frankie, lui, n'a peur de rien. Il est capable d'interrompre le cours d'une action (bagarre, poursuite ou suspense) pour dégoiser interminablement sur les caractéristiques parfaites de son héros de rêve.


Dans l'ensemble, cette héroïsation de Kallum par l'application de couches successives d'une dithyrambe plus que forcée est hautement comique. D'autant plus qu'au fil du roman, notre agent secret se comporte surtout comme un fieffé connard.
Je ne m'avancerai pas trop en affirmant que nous tenons là le personnage principal le plus antipathique de toute la littérature populaire moderne. A se demander même si ses aventures ne constitueraient pas en réalité de petites farces sur les excès des romans de gare, des pochades humoristiques camouflées derrière une façade à la solennité bétonnée, des fictions balourdes qui égrèneraient en toute conscience leurs petites perles d'idioties, à l'image de cette description partielle de Kallum en page 62 : "héros courageux comme un castor, mais modeste et effacé comme un brave chien fidèle " - peut-on écrire pareille phrase sans en tenir une bien dosée dans le cornet ?

Et c'est cela qui reste effarant à la lecture des œuvres de Frankie Belinda. Car l'homme est sérieux. Véritablement sérieux. Il a beau avoir pété les plombs durant quelques pages de Boite de Nuit pour Espions, son Stop ! Destruction Immédiate, comme bien d'autres aventures de Kallum, ce n'est par contre pas de la blague. C'est du sérieux.

"La satisfaction personnelle, quand on a si bien travaillé dans sa profession, un peu comme le simple artisan du populo, c'est de continuer et de faire mieux encore, car cette même satisfaction faisait que John y allait puiser l'immense courage et la puissance dont tout espion digne de ce nom doit faire preuve à tous les instants de sa vie."
Satisfait, Frankie devait assurément l'être en rédigeant Stop ! Destruction Immédiate. Mais se rendait-il compte de son tour de force ? Je l'espère bien.
Car voici un roman qui, en plus de s'affirmer comme une vraie-fausse parodie du genre, réussit aussi la gageure de mélanger l'espionnage au western et à la science-fiction.

J'ovationne de toute la force de mon clavier.

Ainsi, dans Stop ! Destruction Immédiate, une soucoupe volante attaque les avions militaires US survolant le désert des Rocheuses.
Déguisé en
cow-boy, John Kallum part donc à la recherche des responsables de cette faisanderie et débarque à Alsana-City, une " ville genre Western idéale " - et l'auteur de préciser, page 21 : " il y avait toujours la grosse maison du shérif, la prison d'où l'on s'échappait toujours très facilement et la banque, régulièrement attaquée par les bandits de grands chemins."

Peinture saisissante, à laquelle quelques menus détails font néanmoins defauts. Car à Alsana-City, on trouve aussi une espionne russe strip-teaseuse de saloon et quelques mauvais garçons vachers capables de mettre au point dans une grotte de canyon une super soucoupe volante défiant techniquement toutes les super inventions modernes des grandes nations mondiales.
Frankie Belinda ne tire pas les cheveux, il arrache la moumoute.
Et c'est justement en cela, et malgré son rythme mollasson et ses épanchements lourdingues, que Stop ! Destruction Immédiate remporte toute mon adhésion.
Ce n'est pas un bon roman, c'en est même l'exact inverse, mais sa propension à la fantaisie idiotique, décors en carton-pâte et personnages en papiers mâchés, lui assure une place toute chaude au pavillon des petites curiosités de la littérature d'aventure d'après guerre.
Et puis on y trouve John Kallum, l'agent R-30, ce courageux castor qui n'est pas "une mauviette anémiée."
Et ça, bordel, ce n'est pas rien !

ESPION D'AVRIL : VOILA L'PROGRAMME !

BERJAYA
L'année dernière, le mois d'Avril avait été 100 % Viril avec une thématique axée sur nos amis les musclés du roman de gare des années 70 et 80 : Exécuteurs, Destructeurs, Pénétrateurs et autres Bousilleurs de papier bon marché.
Cette année, rebelote, mais avec un sujet légèrement différent. Ainsi, pendant 30 jours, il ne sera pas question de nos amis les barbares modernes sur-armés et sur-entrainés mais de leurs proches parents, ceux qui, 20 ans durant, pavèrent la voie du roman de super-marché :

ESPIONS, AGENTS SECRETS, BARBOUZES ET SOLDATS DE L'OMBRE.

Car l'espionnage
, du début des années 50 aux années 70, constitua l'avant-dernier stade d'une littérature d'aventure revue et corrigée en simple divertissement alimentaire, la littérature vendue comme une marque de shampooing ou de lessive, la littérature en boite et en conserve, aussi facilement consommable que rapidement jetable.


BERJAYAÀ l'instar des romans de guerre, des romances pour nanas et des westerns pour garçons (et contrairement à la SF ou au polar), l'espionnage populaire ne chercha ni ne connut aucune reconnaissance critique. Normal. Le genre ne répondait qu'à des critères de rendements et de gains, en suivant des règles narratives et structurelles aussi simplistes que strictes, renforcées par un formatage à l'économie du style d'écriture - la production en série ne peut être permise que par un emploi de tournures de phrases ultra-rudimentaire. 190 pages mensuelles ne s'écrivent pas en soignant ses effets de plume.
Le genre était donc usiné au kilomètre
, cousu comme une tapisserie monotone, vendu aux masses laborieuses trop fatiguées pour réfléchir. Sur presque 20 ans (à la louche, de 50 à 70), il opéra une courbe ascensionnelle qui entraina la sur-production d'ersatz et (ça va de pair) la lassitude du public.
Un marché envahi par des quantités aberrantes de bouquins et de collections, comme si il s'agissait là d'une véritable course à l'armement.
Ça ne pardonne pas.
Après une décennie d'or (les sixties et le règne de l'espionnite sur tous les supports disponibles - cinéma, bd, radio, télévision, livres), l'espionnage se cassa enfin la gueule. Débandade générale. Les auteurs se recasèrent comme ils le purent. En 1970, la majorité des collections avaient passées l'arme à gauche, seuls quelques mammouths éditoriaux résistaient - les autres se reconvertirent dans le porno ou le viril. L'espionnage devint donc sexpionnage.
Et ce fut l'agonie douce...

(...parallèle, d'ailleurs, à celle que le roman de gare commençait à subir, ses parts de popularités bouffées par son grand concurrent, cet appareil qui s'imposa (tout comme l'espionnage) en pleine période de modernité atomique et de progrès domotique : la télévision.)
BERJAYA
Bref, pendant un mois, on ne causera que d'espionnage. Espionnage, espionnage, espionnage.
ESPION D'AVRIL, donc.
Ou, par le menu : Filatures dans la nuit, voitures de courses, filles dans le vent, discours protectionnistes, twist parties endiablées, gadgets hi-tech, drogues et sérums de vérité, tortures en tout genre, noms de code chiffrés, pugilats héroïques, mitraillages intensifs, explosions nucléaires, secrets militaires et tout le bourzouf.
Ça va surement en barber certains mais tant pis pour eux.
Et puis, qui sait ? Peut être arriverai-je, pendant ce mois d'Espion D'Avril, a convaincre une ou deux personnes du bien fait authentique de ces petits bouquins de série signé Gil Darcy, Roland Piguet, Yves Dermeze ou Ernie Clerk et que l'on trouve si facilement en pagaille, à 20 centimes la pièce, dans les foires, les brocantes, les vides greniers, les emmaüs et autres marchés aux puces de province ?

Un petit effort.
Dites "OUI !" au roman de gare bas de gamme.
[ ICONOGRAPHIE : 1 - une photographie extraite de la réédition du roman La Gonio À L'Agonie de Pierre Genève (Euredif, 1970) , 2 - la couverture du Mystere Magazine # 265 avec George Lazenby / James Bond en couverture (1970), 3 - la scene finale de Furia à Bahia (1965), mon film OSS 117 favori, un André Hunebelle avec Frederick Stafford et Mylène Demongeot. ]

ESPION D'AVRIL !

BERJAYAPOISSON D'AVRIL, JEAN BRUCE
PRESSES DE LA CITÉ / OSS 117 # 51 (1967)

Je pense être en avance sur tout le monde. Tant mieux. Je fonce, je fonce, je fonce.
POISSON D'AVRIL !

Je sais, c'est puéril mais, eh ! celle-là, en plus de trois ans de Müller-Fokker, je ne l'avais jamais faite. Et puis le bouquin du jour (enfin, du soir - actuellement, il est 23 : 59 à mon horloge fenêtre XP) le bouquin du soir est donc en parfaite adéquation avec le calendrier des écoles et de ces petits farceurs qui sonnent à vos portes, balancent des bananes sous vos pas ou vous collent des papiers découpés dans le dos, les salauds.

Alors je dis :
POISSON D'AVRIL !!!

(bis, je me répète.)
Hé hé ! Tu t'attendais à un billet habituel mais il n'en est rien. Car il s'agit là d'un OSS 117 signé Jean Bruce. Il s'agit même plus de la réédition 1967 d'un OSS 117 de 1960 et j'aime beaucoup cette série de réédition - celle avec les couvertures photographiques à l'esthétique très italienne, comme cette main gantée de cuir noir et cette fille blonde qui sort de sa baignoire.
Toute une histoire en une image
.
Bon. On s'excite, on s'excite mais le roman remet les choses à plat.

Forcement.
C'est du Jean Bruce.
Et puisqu'on cause Jean Bruce, j'interromps le fil mais ça faisait longtemps que je rêvais de poster ceci, alors j'y vais, je me lâche :

BERJAYABERJAYABERJAYA

TÉLÉPORTATION ARGENTIQUE MEC, LA CLASSE
(ouaip ! le gars Bruce, il ne voyage pas, il se copie-colle sur des clichés de tarmac !)
Maintenant, le roman. Faisons rapide. Poisson D'Avril, c'est une nuit dans les bars mal-famés d'Hambourg et notre héros se retrouve entouré par des prostituées, des travestis et des prostitué(e)s travesti(e)s. Morne programme, je l'avoue, surtout après cet alléchant prologue sur une piste de bowling - Hubert Bonisseur de la Bath bonnissant ses baths roucoulades à une poupée pulmonée.
Morne programme donc, car Jean Bruce, bien que largement rodé à la littérature érotique lors de ses débuts au Fleuve Noir, peine à donner à son parcours dans les mauvais lieux d'Hambourg une odeur de souffre et de sensualité. Rien à voir avec Ange Bastiani décrivant d'incroyables gisquettes trônant dans les rades enfumés du Pavé D'Amour ou Jess Franco filmant des strip-teases à l'inventivité redoutable dans quelques boites atypiques. Jean Bruce, on a plutôt l'impression qu'il tire tout ça vers la blague vaguement potache-puceau. Les cabarets, chez lui, c'est trois nichons, deux gambettes et une anecdote vaseuse - genre, celle qu'Enrique Sagarra, l'espion anar' espagnol sort en page 163 à son pote Hubert Bonisseur, toujours aussi flegmatique :

- Cette fille, dit Enrique, me rappelle une poupée que j'ai connue à Helsinki... Elle était aussi jolie, mais elle avait un sacré defaut de fabrication...
- Vraiment ?
- Oui, elle avait perdue toutes ses dents des suites d'une maladie, et elle avait un dentier qui foutait le camp pour un oui ou pour un non... Je vous laisse à penser ce que ça pouvait donner à l'occasion de certains exercices...
- Je ne vois pas... Faites moi un dessin.
- Vous voyez très bien... D'ailleurs, je dois préciser que tout s'est arrangé et merveilleusement dès que j'ai pu la convaincre qu'il valait mieux l'enlever avant... Et je ne parle pas de la sécurité...
Ragoutant, n'est-il pas ?